étude des fortifications allemandes sur la côte méditerranéenne en France
 
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 La bataille de Montferrier-sur-Lez (34)

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Gandalfounet



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lieu : Lunel (34)
Date d'inscription : 20/04/2006

MessageSujet: La bataille de Montferrier-sur-Lez (34)   Mer 12 Sep 2007 - 5:42

Citation :



La bataille de Montferrier ou le harcèlement victorieux
André Clément, dit Ouvrard pour les maquisards, se souvient de sa traversée des vignes

La prudence s'imposait. Depuis le départ de la garnison ennemie, le 21 août 1944, la capitale languedocienne était sur le qui-vive. L'ensemble des organisations de résistance était alors coordonné par le commandant Quarante, Ely pour les maquisards.

Dans la nuit du 23 au 24 août, tous les responsables des mouvements de résistance furent réunis autour du nouveau commissaire de la République, Jacques Bounin. Lequel s'était adressé à la population peu auparavant, depuis le balcon de la préfecture.
La mission était claire : interdire la traversée de Montpellier aux occupants en déroute. Nommé commandant d'armes, le colonel Arsac fut chargé de défendre de la ville avec les forces disponibles mais aussi de surveiller les voies d'accès et de harceler l'occupant. A disposition, il y a, en gros, cent cinquante FFI (forces françaises de l'intérieur) et FTPF (francs-tireurs partisans français) et presque autant de tirailleurs coloniaux.
Ainsi allait naître la bataille de Montferrier. Ce village du nord de Montpellier - considéré comme point de confluence des colonnes ennemies et bien situé dans une région de collines propice au harcèlement - fut en effet choisi pour l'interception des unités allemandes.
Dans la nuit du 24 au 25 août, les troupes françaises prennent position et, en fin de matinée, attaquent l'arrière-garde de la colonne allemande.
La bataille fait rage toute la journée et les pertes sont lourdes. L'ennemi perd une dizaine d'hommes, une soixantaine est blessée. Une partie du ravitaillement (vivres, munitions, carburants) mais aussi de l'armement (plusieurs mitrailleuses et un canon) est laissée sur place. Côté résistants, on déplore un mort, six blessés et quatre tués, la veille, lors de patrouilles. Après ce combat victorieux, la libération de Montpellier devient presque une réalité.
Soixante ans après, jour pour jour, Montferrier se souvient. Et plus particulièrement André Clément, principal témoin de cette journée particulière. Aujourd'hui âgé de 84 ans, il réside toujours dans le village.
Engagé dès l'âge 18 ans dans l'aviation (l'école de mécaniciens CTA 1 103, à Rochefort), il rejoint ensuite son escadrille (Amiot 143) en Haute-Marne. Lors de la débâcle, son unité est dispersée. Il se retrouve dans une ferme à Laissac, dans l'Aveyron, puis travaille à la base aérienne de Fréjorgues avant d'être démobilisé, en juillet 1942. " Je ne pouvais pas rentrer chez moi, dit-il. C'était la zone occupée. "
Il travaille un temps à Montpellier, rue Rambaud, à la Société méridionale de rectification. Voulant éviter le STO (service du travail obligatoire), il part dans le Gard, à Générac, où il entre en contact avec la Résistance. Maquisard sous le nom d'Ouvrard, il rejoint Mourèze à pied (en passant par Saint-Étienne-Vallée-Française, en Lozère !). Rapidement, il devient agent de liaison FFI, aux ordres du lieutenant-colonel Labat-Leroy.
Ce fameux 25 août 1944, caché sous le pont du Lez, il a pour mission d'assurer le ravitaillement en armes et en munitions et de maintenir les liaisons entre les différentes sections des maquis engagées depuis le matin dans la bataille de Montferrier. " En arrivant à Montferrier, je tombe aussitôt sur un Allemand. J'aurais pu le tuer facilement mais je ne l'ai pas fait car cela aurait déclenché un de ces combats ! "
La Sten, son arme bouillante et enrayée, à la main, sous une pluie de balles, il lui faut traverser les vignes à quatre pattes jusqu'au Devezou pour rejoindre sa section, récupérant au passage, sur un soldat allemand mortellement touché, une paire de bottes en cuir pour remplacer ses godillots à semelles de bois ! " J'avais pris une balle dans le talon de la chaussure. J'avais du mal à marcher. Les Boches m'ont foutu une de ces rafales en traversant la route mais je m'en suis sorti. J'ai eu beaucoup de chance ce jour-là, d'autant que les résistants tiraient aussi depuis les collines parce qu'ils voyaient quelque chose qui bougeait dans les vignes. J'avançais à genoux mais il ne fallait surtout pas que les branches bougent. Avec des olives, j'aurais fait un litre d'huile. "
Le contexte invite à la méfiance permanente. " Ce n'était pas mariole ce temps-là. Entre les GMR, qui étaient les CRS de l'époque, la Gestapo, les gendarmes, vous ne saviez jamais trop ce qui allait vous arriver quand quelqu'un vous mettait la main sur l'épaule. " Peu après la guerre, André Clément s'installe à Montferrier où il travaillera, durant trente-cinq ans, à la tannerie du bord du Lez, comme mécanicien sur les machines.
Jérôme CARRIÈRE

Six innocentes victimes civiles

C'était la veille de la bataille de Montferrier. Le 24 août 1944, vers 16 h, un long convoi de véhicules blindés légers traverse le village. Descendu du Limousin, passé par l'Aveyron, il emprunte les routes secondaires, sous couvert des platanes, pour se protéger des attaques incessantes de la chasse alliée. Cette colonne allemande appartenait à la 11e division de panzers faisant partie de la 19e armée sous les ordres du général Wiese.
Vers 18 h, route de Mende, les soldats de tête arrêtent cinq cyclistes et un camion venant de la distillerie. Comme beaucoup d'autres, ces hommes vont devenir des victimes innocentes de la folie guerrière. Alors qu'ils ne demandaient qu'à rentrer chez eux, tout près de là. Ils n'ont évidemment rien à se reprocher, si ce n'est d'être là où il ne faut pas, au mauvais moment.
Durant deux heures, ces patriotes sont humiliés, demeurent aux mains des Allemands mais espèrent qu'ils auront la vie sauve. Hélas, à l'heure où les villes du Sud sont libérées les unes après les autres, les Allemands en fuite continuent de faire des exemples çà et là. Sans raison.
Vers 20 h, les six otages sont froidement exécutés. Cette scène effroyable se déroule au bord de la route, à hauteur du carrefour de Fescau, contre le mur du bâtiment situé en face de l'actuelle boulangerie. Jean Coste, de Montferrier, avait 44 ans ; René Guérin, de Saint-Christol, 36 ans ; Pierre Sutra, de Montpellier, 39 ans ; André Thibal, de Castelnau, 38 ans ; Louis Long, de Montpellier, 33 ans. Le dénommé Charbonnel, lui, avait 37 ans.
Chaque année, une cérémonie commémorative a lieu devant la stèle. A la mémoire des six fusillés du 24 août 1944, "lâchement assassinés par les Boches" comme il est écrit dessus. Elle a eu lieu samedi dernier en présence du conseil municipal, des représentants du monde combattant et des familles des victimes.
André Clément (photo HenriFranck Gaillard) était là en qualité de porte-drapeau et… de rescapé de la bataille du lendemain.

Le maquis Bir-Hakeim de Mourèze

Le 26 août au soir, le maquis Bir-Hakeim de Mourèze, commandé par le capitaine Rouan, dit Montaigne, fait son entrée dans Montpellier par la route de Lodève, sous les vivas de la population. " Je me souviens de la traversée de Celleneuve. La population avait fabriqué une grande croix de Lorraine avec des ampoules ", confie le colonel Bonnafous, dit Boby, qui avait 17 ans à l'époque.
À cet âge, il avait été contraint de prendre le maquis à Mourèze " car la Gestapo allait venir me cueillir. Je faisais partie d'un groupe qui détournait les plis postaux des Allemands. Au maquis, j'étais le plus jeune. "
Mourèze était le symbole de la Résistance en Languedoc et Cévennes. Sur divers fronts, 105 résistants dont les deux chefs successifs (les commandants Capel et Demarne) ont été tués au combat. Presque totalement anéanti à La Parade, en Lozère (60 tués dont 18 fusillés), le maquis se reconstitua immédiatement et reprit la lutte à Mourèze, avant de participer à la Libération.
" Mourèze, c'était vraiment le maquis. On était caché dans les rochers, habillé avec des tenues des chantiers de jeunesse. Les Allemands n'ont jamais essayé de nous déloger car ils auraient perdu trop de monde. On faisait des coups la nuit. Un jour, on a tendu une embuscade à une colonne cycliste allemande de 120 hommes, entre Clermont et Bédarieux. Il y avait un jeune aspirant parmi les douze prisonniers. Il avait la photo de sa mère sur lui. Moi aussi, je lui ai montré la mienne et nous avons pleuré tous les deux. "
En 1980, le colonel Bonnafous a créé l'amicale des anciens du maquis Bir- Hakeim. Quatre ans plus tard, à Mourèze, un mémorial est inauguré en mémoire des 105 tués du maquis.



Citation :

23 août 1944

Jacques BOUNIN (alias MAIGRET), Commissaire de la République pour le Languedoc Roussillon, convoque la population à 16 heures à la Préfecture. Au cours d'une allocution, il présente la nouvelle municipalité, avec à sa tête M. Emile MARTIN.
Des "bouchons" de surveillance et de protection sont mis en place pour protéger Montpellier contre les mouvements des troupes allemandes qui se rejoignent à Montferrier, en direction de la vallée du Rhône.

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24 août 1944

1500 allemands appartenant à la KRIEGSMARINE et en provenance de Port-Vendres, se rendent aux officiers français. L'aviation alliée, pour couper toute retraite aux troupes allemandes, pilonne les routes et la voie de chemin de fer en direction de Nîmes, détruisant ainsi le pont de Pavie, près de Castelnau-le-Lez. Des actes de pillage et de violence sont signalés aux alentours immédiats de la ville. Le Commissaire de la République confie au Lieutenant Colonel ARSAC l'organisation de la défense de Montpellier en qualité de commandant d'armes de la place. Une garnison armée de plus de 1100 hommes se constitue autour de Montferrier, choisi comme point de harcèlement.

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La bataille de Montferrier, la victoire de tous les Montpellierains

Le 24 août, vers 15 h, était annoncé le passage d'une forte colonne allemande venant de l'Ouest. La défense de Montpellier ayant été décidée, de forts détachements de couverture furent placé sur les différentes routes d'accès. La colonne allemande fut amenée à contourner la ville par le nord, en un flot ininterrompu pendant quatre ou cinq heures. Le 25 août au petit jour, une colonne de 200 hommes F.F.I. et coloniaux se portait en embuscade sur les hauteurs avoisinants Montferrier. L'ennemi étant par trop supérieur en nombre, on attendit le passage des éléments de protection à l'arrière-garde. Ces éléments puissamment armés, possédaient de nombreuses mitrailleuses lourdes, et des canons anti-chars. L'ennemi surpris dut accepter le combat et résista farouchement pendant près de cinq heures. Il dut finalement battre en retraite précipitamment, en laissant sur le terrain une grande partie de son armement intact et des véhicules en état de marche, chargé de toutes sortes d'approvisionnement pour de longues étapes. L'ennemi subit, en outre, de très lourdes pertes et laissa entre nos mains un certain nombre de prisonniers. En arrivant à Montferrier, la population montra à nos troupes les cadavres de six patriotes, sauvagement assassinés, la veille, par les troupes allemandes.
Cette expédition a donc permis de venger les morts de Montferrier et d'affirmer la sécurité dans la région de Montpellier. (Midi Libre - 27 août 1944)

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Des "Guerilleros" dans la bataille

Chassés d'Espagne par FRANCO, des milliers de Républicains sont arrivés en France dans de tragiques circonstances, parqués dans les camps de concentration ouverts dans le sud de la France par le Président DALADIER, pour maîtriser l'un des plus grands exodes des temps modernes. Pourtant, dès l'arrivée des Allemands, ils n'hésitèrent pas, au péril de leur vie, à prendre une part active à la libération d'un pays qui n'était pas le leur. Ils participèrent ainsi à des opérations de sabotage et de récupération de vivres et vêtements pour le maquis. Enrique ESCOMS, Président de l'Association des Résistants Espagnols de la région, pris part, à la tête de son unité, aux combats de Montferrier. Le 25 août 1944, au matin, entre 4 h et 5 h, c'est un groupe de "guerilleros" espagnols, en surveillance du Château d'Ô, qui signala, en effet, aux forces de libération, le passage de la colonne allemande sur la voie romaine. Blessé au feu à son poste de combat, Enrique ESCOMS, sera décoré de la Croix de Guerre. Il n'oublie pas ses 30 000 concitoyens morts pour la France, au nom d'un même idéal de liberté et de démocratie.



J'irai faire un tour sur les lieux des combats un de ces quatre, pour faire quelques photos.
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