étude des fortifications allemandes sur la côte méditerranéenne en France
 
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 Crimes de guerres, l'enquête continue..!

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Nico..!
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MessageSujet: Crimes de guerres, l'enquête continue..!   Jeu 26 Juin 2008 - 13:45

Reportage
Enquête sur un crime de guerre oublié
LE MONDE | 26.06.08 | 14h38 • Mis à jour le 26.06.08 | 16h55


http://www.lemonde.fr:80/societe/article/2008/06/26/enquete-sur-un-crime-de-guerre-oublie_1063076_3224.html

MAILLÉ (INDRE-ET-LOIRE) ENVOYÉE SPÉCIALE

Les balançoires des jardins ont remplacé les ruines des cours de fermes. Le sang des massacrés ne se lit plus que sur les stèles commémoratives. Et les rescapés en larmes sont chaque année moins nombreux à Maillé (Indre-et-Loire). De la tuerie menée par des militaires allemands, le 25 août 1944, dans ce bourg à 40 km au sud de Tours, il ne reste plus grand-chose. Presque rien de ce jour d'été où, loin des liesses de la libération de Paris, méthodiquement, 124 hommes, femmes et enfants ont été tués, un à un, famille après famille.


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Panorama Paroles de rescapés du massacre de Maillé

Eclairage D'autres exemples en Europe

Même l'histoire a oublié le crime, dans ce creux de vallon de Touraine. Historiens, manuels scolaires, sont peu nombreux à rappeler que dans la hiérarchie macabre des crimes de guerre, en France, Maillé est le deuxième épisode le plus sanglant de la seconde guerre mondiale, après Oradour-sur-Glane et ses 642 victimes.

Un magistrat allemand, pourtant, vient de se saisir du dossier : Ulrich Mass, spécialisé dans la traque des crimes nazis, dans le cadre d'une information judiciaire contre X... pour "crimes de guerre". Le 15 juillet, ce procureur général du parquet de Dortmund, accompagné de deux enquêteurs et d'un traducteur, doit se rendre à Maillé pour une reconnaissance des lieux. Une procédure exceptionnelle en France.

Pas de bataille des mémoires dans cette histoire. Aucune envie de rattraper les honneurs manqués. Mais la volonté judiciaire de comprendre ce qui, soixante-quatre ans après les faits, échappe toujours aux derniers survivants et aux historiens : qui a tué ce jour-là ? A Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), à Tulle (Corrèze), à Villeneuve-d'Ascq (Nord), autres "villages martyrs" de l'époque, malgré des procès imparfaits, des coupables ont été identifiés. Jamais à Maillé.

C'est au matin du 25 août que tout aurait commencé. Quand, après un premier meurtre, une colonne armée marchant au pas se met soudain à tout massacrer sur son passage, puis bloque les accès au village. Maison par maison, pièce par pièce, les soldats traquent alors les civils, les tuent à bout portant, jettent des grenades dans les caves où ils se sont réfugiés. Les nourrissons sont abattus, comme les chiens, les chevaux, les vaches.

A midi, les militaires se retirent. Ceux qui ont réussi à leur échapper croient à la fin du cauchemar. Mais à l'aide de deux canons postés autour du village, 80 obus sont alors tirés sur la soixantaine de maisons qui composent Maillé. Des tirs sporadiques, pendant plus de deux heures. Des sentinelles postées autour du village mitraillent ceux qui tentent de sortir de leurs abris pour échapper aux bombes.

Sur les 600 habitants du bourg et de ses alentours, 124 perdent la vie. Parfois des familles entières, dont les noms s'égrènent aujourd'hui sur les pierres tombales du cimetière. Malgré la précision de ce récit, aucune enquête, aucun historien n'a pour l'instant réellement réussi à déterminer quelle unité allemande avait commis le massacre.

Dans les heures qui ont suivi le drame, la gendarmerie a bien entamé une enquête. Mais dans la panique, comme dans de nombreux autres endroits en France, la procédure a été bâclée. Dans les maigres PV de l'époque, aucune trace de douilles, de numéros de canon qui auraient pu permettre d'identifier une unité militaire. Seules pièces à conviction : deux billets manuscrits - dont l'un a été retrouvé planté sur un cadavre - avec la mention : "C'est la punission des terrorists et leurs assistents."

Des billets qui permettent en partie de remonter jusqu'aux éléments déclencheurs de ce massacre. Les jours précédant le drame, plusieurs accrochages ont eu lieu entre des résistants et l'occupant. Dans le courant du mois d'août 1944, des résistants ont aussi fait exploser à trois reprises la ligne de chemin de fer qui traverse le village. Au terme de l'enquête de gendarmerie, un sous-lieutenant de la Wehrmacht - Gustav Schlüter, dont les historiens contestent le rôle - est considéré responsable. En 1953, il est condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Bordeaux, mais il ne sera jamais retrouvé et sa peine ne sera pas exécutée.

Alors, jusqu'en 1994, date du 50e anniversaire du débarquement, les Maillaciens gardent leur peine pour eux. "Comment vouliez-vous parler de l'abominable ?", interroge Mauricette Garnier, 9 ans à l'époque des faits, l'une des rares à avoir pu s'échapper du village en plein bombardement. Pendant cinquante ans, les villageois n'ont aucune réponse à leurs questions sur les auteurs du crime. Peu d'attention des gouvernements successifs. Juste une modeste cérémonie commémorative tous les 25 août. Sans discours.

A la différence d'Oradour-sur-Glane, où les ruines ont été conservées, à Maillé, on a reconstruit sur les cendres. Mais, à la fin des années 1990, le besoin de mémoire s'est accru. Un projet de "Maison du souvenir" est lancé, et un jeune historien, Sébastien Chevereau, est détaché du conseil général d'Indre-et-Loire pour s'en charger. C'est en grande partie grâce à lui que l'enquête a lieu aujourd'hui, car c'est en l'entendant, au hasard d'un colloque, à Stuttgart, en 2004, que deux commissaires allemands ont découvert l'affaire.

En France, les crimes de guerre sont prescrits au bout de dix ans - même si un projet de loi en navette actuellement au Parlement prévoit d'allonger cette durée à trente ans après les faits. En Allemagne, ils sont imprescriptibles. Et le simple "soupçon" permet de se saisir d'un dossier. C'est donc grâce à cette disposition juridique qu'en 2005 le procureur Ulrich Mass a pu rouvrir le dossier Maillé, ouvert une première fois en 1990, quand l'accès aux archives de l'ONU fut possible, puis clos sur un non-lieu un an plus tard.

Dans cette affaire, ce sont les gendarmes français locaux qui mènent les enquêtes sur le terrain pour le compte de la justice allemande. Depuis 2005, ils ont recueilli sur PV le témoignage de 58 personnes. Un travail de reconstitution délicat à plus d'un titre. Car pour déterminer les unités présentes le 25 août 1944, il faut identifier les uniformes que portaient les soldats. Etaient-ils en noir avec des bottes comme les SS ? Ou en vert comme la Wehrmacht, l'armée allemande régulière ? Avaient-ils des insignes particuliers ? Quels étaient leurs grades ? A ces questions, la plupart des rescapés, souvent enfants à l'époque du drame, ont du mal à répondre.

Les archives à disposition des historiens ont les mêmes lacunes. Parmi les unités qui ont pu passer dans la région ces jours d'août, en pleine retraite allemande, "aucune ne fait mention de Maillé sur son journal de marche, explique Jean-Luc Leleu, chercheur au CNRS de l'université de Caen, auteur de La Waffen SS, soldats politiques en guerre (éditions Perrin, 2007). Alors qu'a priori ce sont des actes dont les soldats pouvaient se faire valoir auprès de leur hiérarchie".

L'hypothèse de plus en plus envisagée par les historiens est qu'en réalité, à Maillé, Wehrmacht et SS, comme dans d'autres endroits, ont fait les basses oeuvres ensemble. "L'image d'Epinal du méchant SS et du gentil officier de la Wehrmacht se fissure", poursuit M. Leleu. Mais rien qui permette, pour l'heure, de désigner des soldats nommément. Au point que M. Leleu est assez pessimiste sur les chances d'aboutir de l'enquête.

Trop tard ? pas trop tard ? Les avis divergent, à Maillé, sur l'issue possible de la procédure judiciaire. Notamment parce qu'elle déclenche la parole de certains. Comme celle de ce rescapé qui s'apprête à confier toute la correspondance de sa mère durant le mois d'août 1944, avant sa mort dans le massacre. A Maillé, on ne veut pas forcément des coupables. Pas forcément faire un deuil qu'on considère "impossible". Mais on aimerait "savoir". Même soixante-quatre ans après.

Elise Vincent
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MessageSujet: Re: Crimes de guerres, l'enquête continue..!   Lun 11 Aoû 2008 - 15:27

http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,3909837,00-qui-perpetre-massacre-maille-.html

http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=IG&num=873333
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MessageSujet: Reconaissance nationale..!   Lun 25 Aoû 2008 - 16:15

Reconaissance nationale :

http://www.maille.fr/index.jsp

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/sarkozy-a-maille-pour-reconnaitre-et-reparer-une-faute-morale/920/0/268929

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichelieu.php?idLang=fr&idLieu=5211
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Sainte Baume



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MessageSujet: Re: Crimes de guerres, l'enquête continue..!   Mar 26 Aoû 2008 - 11:37

Maillet, Oradour, Tulles ...

Il faut rajouter 1 Oradour par jour et ce pendant 3 ans en Russie...

Des barbares ...
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MessageSujet: Re: Crimes de guerres, l'enquête continue..!   Mer 27 Aoû 2008 - 1:04

Crime de guerre aussi dans les Vosges: les villes de la Bresse, Gérardmer et St Dié incendiées au lance-flammes et détruite à 90% en Novembre 1944.

Fx

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MessageSujet: Le Vercors aussi..!   Mer 27 Aoû 2008 - 4:18

Le village de Valchevrière dans le Vercors incendié lui aussi dont il ne reste que la chapelle. Il passe inaperçu à coté du massacre de Vassieux en Vercors.

http://paroisse-croixdevalchevriere-cathisere.cef.fr/site/Le-nom-de-la-paroisse-et-ses.html

http://www.photos-dauphine.com/Photos/Vercors/Quatre-Montagnes/Valchevriere.html

Citation :

http://www.villarddelans.com/vercors_histoire_patrimoine_tourisme_isere_alpes-histoire_et_valchevriere-170-HIVER-FR-gen.html

Le hameau de Valchevrière

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Valchevrière, lieu de silence et de recueillement, est un des sites les plus émouvants et les plus évocateurs de la Résistance en Vercors.
Ce hameau, en pleine forêt, servit de camp aux maquisards avant d’être le lieu d’un sévère affrontement les 22 et 23 juillet 1944.
Sur le belvédère qui domine le village, beaucoup d’hommes se sacrifièrent pour retarder l’avancée des armées nazies et moururent les armes à la main.
Les maisons furent ensuite incendiées, seule la chapelle sera épargnée.
Le hameau est resté en l’état, avec ses pierres à nu et noircies par le feu.
Un chemin de croix, dont chaque station est un édifice original, relie Villard de Lans à Valchevrière.
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agneti
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MessageSujet: Re: Crimes de guerres, l'enquête continue..!   Mer 27 Aoû 2008 - 5:48

Notamment pour cause de guerre froide, il y eu peu de poursuites effectives :
Klaus Barbie par exemple, responsable de la Gestapo à Lyon, fut longtemps protégé par les services secrets américains en raison des services qu'il rendait dans la lutte anti-soviétique.
Les autorités françaises seront rapidement au courant.

Ces chiffres s'arrêtent en 1956 mais il y eu très peu de condamnations postérieures :
- 20.127 crimes de guerre allemands identifiés, essentiellement dans le nord de la France,
- 18.765 personnes poursuivies,
- dont 2.345 jugées (dont 377 ont été acquittées), les autres ayant bénéficié de non-lieu,
- dont 1.031 ont comparus (les autres condamnées par contumace n'ont pratiquement jamais été inquiétées),

Sur les 808 condamnations à mort prononcées, 60 furent exécutés (dont 6 à Toulon dès août 1944) dont une seule concerne un responsable important (le chef de l'administration en Alsace).

A titre de comparaison l'épuration a fait environ 10.000 morts dont 1.500 suite à des condamnations.

Source :
http://www.ihtp.cnrs.fr/spip.php?article353
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