étude des fortifications allemandes sur la côte méditerranéenne en France
 
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EXPOSITION " CANNES OCCUPEE 1942 -1944 " A CANNES DU 3 OCTOBRE 2017 AU 28 JUIN 2018 A L'ESPACE CALMETTE - ENTREE LIBRE . LES APRES MIDI DU LUNDI AU VENDREDI

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 Souvenirs des combattants en Provence...

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MessageSujet: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 17 Oct 2006 - 12:30

Souvenir d'un jeune combattant français de 21 ans, d'origine pied noir du Maroc, incorporé dans le 4 escadron du 1er Cuirassier, qui débarque en Provence en septembre 1944, avec son escadron de char Sherman...un mois après tout le monde. Récit:


"Le 14, nous embarquons avec tout notre matériel, ainsi que le 3ème escadron et l'état-major d'un groupe d'artillerie, sur le LST 502 dont l'équipage, qui n'en est pas à son premier débarquement, est américain. Les véhicules à roues sont arri­més sur le pont où sont également dressées des tentes pour loger les personnels, Dans la vaste cale-hangar sont arrimés, côte à côte, les 34 chars des deux escadrons ainsi que les half-tracks de ces unités....

...Pour l'instant nous avons tous hâte de retrouver le sol de France pour participer à sa libération. Déjà Besançon et Dijon sont libérées, les troupes débarquées en août en Provence ont fait leur jonction avec celles débarquées en juin en Normandie. Allons-nous arriver trop tard ?

...nous apercevons enfin les roches rouges de la côte de France, cette France que nous avons bien failli ne jamais revoir. Nous sommes tous très émus. Le LST “beache” à quelques mètres de la plage du Dramont, à proximité de Saint-Raphaël, le 21 septembre, vers midi, ses portes d'étrave ouvertes, sa rampe abaissée, les chars déboulent sur la plage. Ils mouilleront à peine leurs chenilles et maintenant ils roulent, enfin, sur le sol de France !

Le 21 septembre 1944, quittant la plage au Dramont, par Saint-Raphaël, Fréjus, Sainte-Maxime et Saint Tropez nous allons bivouaquer, avec le reste du Régiment entre Cogolin et La Molle dans le sud du massif des Maures. Première nuit sur le sol de France. Nous humons avec délices les senteurs de l'été finissant. Le lendemain nous restons sur place et en profitons pour réparer quelques chars qui ont un peu souffert de la tempête essuyée durant la traversée et à reprendre quelques forces pour ceux que le mal de mer a éprouvés. Tout près de notre bivouac, à Cogolin, il y a un camp de prisonniers italiens tout heureux de clamer, hilares, que, pour eux : “Finita la guerra!” Pour nous elle n’a pas encore commencé.


Le 23 septembre, le Régiment fait mouvement par Cogolin, Le Luc et Brignoles jusqu'à Saint-Maximin, une trentaine de kilomètres au Nord-Est de Marseille où nous bivouaquons à la sortie de la route qui mène à Aix en Provence. Les civils qui nous voient passer libérés depuis plus d'un mois à présent, ne font plus preuve d'un enthousiasme dé­bordant. Ils nous sourient, sans plus. Seuls, les gamins, nous prenant sans doute pour des Américains, nous demandent toujours chewing-gum et chocolat.


Le 30 septembre, l'escadron est alerté et doit être prêt à déménager le lendemain. Le 1er octobre l'ordre de mouvement arrive à 11 heures. Les chars doivent embarquer en gare de Miramas, entre Istres et Salon de Provence. Lorsqu'ils arrivent, vers 14 heures, aucun train n'est formé pour les recevoir. Après de nombreuses liaisons télépho­niques l'arrivée des plates-formes nécessaires est prévue pour le 2 octobre vers 4 heures du matin. En fait, le convoi chars ne démarrera que le 3 octobre à 1 heure du matin, direction Vesoul, au sud-ouest des Vosges, à 90 Km au Nord-Est de Dijon. "









FX


Dernière édition par Admin le Ven 27 Juil 2012 - 4:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 16 Jan 2007 - 11:22

http://boisboissel.ifrance.com/histoirefamille/xx/alain/alain.htm

Alain de Boiboiselle pilote de char Sherman pendant le débarquement de Provence et dans les combats autour de Toulon..extraits:

"Il embarque enfin à Mers El Kébir le 10 Août 1944, et débarque à Saint Tropez (plage de la Nartelle) le 16 Août 1944 et foule le sol de France vers 18 heures.
Les premiers combats ont lieu à Lavalette-Toulon du 20 au 24 Août: le premier jour, le 20 Août 1944, Alain déploie son char le Saint Malo dont il est pilote près de Pierrefeu et entend alors un coup de fusant. Instantanément il plonge dans sa poste de pilotage et au moment où il referme son écoutille, un second fusant éclate précisemment où sa tête était quelque temps plus tôt, pulvérisant son périscope. La guerre pour lui commence, et déjà ses premiers amis s'effondrent autour de lui...
Le 21 Août, les voilà à La Fardèle, en peloton, écoutilles fermées sur la voie ferrée. Un 88 allemand les prend en cible et détruit 3 chars: le peloton perd son chef, le lieutenant Sauvegrain, ainsi que plusieurs autres tués. La progression reprend, sous un feu d'artillerie ennemi, avec une tension intense. En arrivant sur un virage à 60 km/h, Alain voit subitement un obus rater de peu le char qui le précède: il freine en une fraction de seconde, juste à temps pour voir un second obus exploser à 3 mètres devant lui! S'il n'avait pas freiné... Par la suite, retour sur la Valette, où la tourelle de son char est endommagée à la suite d'un choc, mais il continue le combat avec un autre char dont la transmission est hors d'usage mais dont la tourelle est opérationnelle si bien que l'un remorquait l'autre qui tirait pour lui.
Ainsi arrive la fin de la bataille, Toulon est libéré, le 23 Août. Le bilan est terrible: sur 17 chars partis le 21 au matin, il n'étaient plus que 9 le 21 au soir, et plus que 8 opérationnels le 23.(page 48 et suivantes de Chars souvenirs).
Puis c'est la remontée du Rhône par la rive droite jusqu'à L'Arbresle, Châlon sur Saône, Macon et Dijon, avec ses combats sporadiques qui meurtrissent douloureusement l'escadron commandé par le capitaine de Pazzis"


FRANXEROX
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 16 Jan 2007 - 11:56

Beaucoups de détails dans ce récit...60 ans après!!!


http://www.histoquiz-contemporain.com/portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=14


Journal de marche du Marsouin André Meunier
3ème Peloton du 4ème Escadron du RICM


Mercredi 21 aout

Toute la journée, je descends du pont dans la cale et inversement. A midi, bon déjeuner, dans l'après-midi nous apercevons les côtes de France enfin !
Nous essayons de savoir où nous allons atterrir, en vain, nous ne pouvons pas savoir. Juste avant le dîner, nous stoppons dans une baie, mais les bateaux ne peuvent se décharger que par trois sur une étroite plage et comme nous sommes dans les derniers, je ne sais pas quand sera notre tour, en attendant nous dînons, puis du pont nous regardons la côte qui est éloignée de quelque centaines de mètres. Comme il y a cinq jours que les Français ONT débarqués, on voit des maisons pleines de trous d'obus, par endroits même elles sont brûlées, mais ce qui nous étonne le plus, c'est qu'il n'y a pas un habitant, ils ont dû recevoir l'ordre de partir. La nuit vient, c'est l'heure propice pour les attaques d'avions, nous avons ordre le garder le casque.
Des vedettes nous entourent d'un écran de fumée pour nous dissimuler. Au loin, on entend les coups sourds de l'artillerie, on se bat pas loin sans doute.
La nuit est complète pas un avion n'est venu Je m'endors dans le Scout. Encore une traversée sans incidents. Décidément, j'ai une bonne étoile.

1) LST américain No 1019


Mardi 22 août 1944

Trois heures trente du matin, mon sommeil est interrompu par un coup de sirène, le haut parleur nous prévient que nous allons aborder et c'est brutal. Comme le bateau a le fond plat, il fonce à toute vitesse sur la plage (1) et il s'échoue, les deux portes de l'avant s'ouvrent, quand il sera vide de sa cargaison il sera à flot et pourra repartir. Avant de descendre, nous sommes prévenus qu'il faut suivre les bandes blanches, car la plage est entièrement minée.
Le déchargement est vite fait malgré la nuit, de temps en temps dans le sable je vois une mine allemande émerger, il ne ferait pas bon de s'écarter. Je suis ému et content à la fois de mettre le pied sur le sol de France. Après avoir récupéré l'équipage nous partons en colonne, tous phares éteints, au passage, malgré le noir, nous voyons les murs éventrés, les entonnoirs sur la route, surtout autour des casemates. Quelques rares habitants nous disent que nous sommes à proximité de SAINT RAPHAËL et que ce sont les Allemands qui ont donné l'ordre de partir aux habitants.
Nous arrêtons à la lisière d'un bois a trente kilomètres du front. Mitrailleuses en DCA. Puis nous faisons le plein des voitures et le nettoyage des armes que l'air marin a fait rouiller. Je lave mon linge et me lave moi-même. A midi, déjeuner, mais les biscuits remplacent mal le pain pour nous français. Après je fais la sieste sur la civière du bateau que j'ai emportée, ainsi que la ceinture de sauvetage pneumatique en guise de traversin. Le dîner, puis dormir, c'est la bonne vie, mais ça ne durera guère longtemps, aussi autant en profiter. Je rédige mon journal, assis sur la civière.

1) La Nartelle à six kilomètres Est de Sainte-Maxime, actuellement sur cette plage, une stèle est érigée au nom du R.I.C.M et rappelle que, d'ici, le R.I.C.M est parti pour une chevauchée qui l'a mené aux sources du Danube.


Mercredi 23 août 1944

Il faut que je retourne un peu en arrière. Hier soir, j'étais à peine endormi que l'ordre de départ arrive. Il fait noir, nous ne savons pas où nous allons, nous roulons très serrés, au passage dans un village nous prenons un drapeau tricolore avec une Croix de Lorraine dedans, je l'ai mis sur l'aile droite de mon Scout. Nous nous dirigeons je crois vers TOULON. Nous roulons sans lumières, et ce n'est pas drôle de rouler dans le noir. J'écarquille les yeux et essaie de ne pas descendre dans le fossé comme un camarade vient de le faire derrière moi, c'est terriblement épuisant les yeux me piquent et me brûlent à cause de la poussière qui y rentre. Nous passons devant une forêt en flammes, sans doute des obus incendiaires, des kilomètres carrés entiers flambent c'est sinistre et magnifique à la fois.
Au matin, nous stoppons dans un verger à côté du village de SOLL1ES PONT. Le canon tonne sans arrêt. Je dors pendant trois ou quatre heures, puis je regarde le trafic de la route. Des renforts montent sans cesse, des camions de blessés et de prisonniers descendent des lignes, les prisonniers sont moins arrogants qu'autrefois.
Quelques habitants reviennent dans leurs foyers, ils ne cachent leur joie de voir des soldats français. J'apprends bien des choses à l'instant. Des camarades de régiment tués ou blessés à proximité de TOULON où ils sont engagés mais ils ont fait du bon travail avant, quelques chars du régiment ont pénétré dans les faubourgs de TOULON, mais les boches résistent. J'apprends que Paris est délivré par F.F.I.
Bravo ! Ici, il y en a pas mal de ces gens là. Une batterie d'artillerie lourde placée à quelques centaines de mètres de là, tire sans arrêt sur TOULON à onze kilomètres. Le souffle fait voler mes feuilles de papier. La nuit descend je ne sais si cette nuit nous roulerons.


Jeudi 24 août 1944

J'ai bien dormi cette nuit, malgré le canon, ce matin le radio (1) que j'aime presque comme un frère nous a fait le "jus", il faut préparer toutes les armes, nous allons barouder, ça me fait tout drôle de recevoir bientôt le baptême du feu.
Nous allons marcher en tête, quelle veine c'est la plus dangereuse place, mais aussi la plus enviée. Manque de pot, au départ Carol (1) entre dans un arbre avec son char, privés de véhicule nous passons en deuxième position. Au passage le tir des canons de chez nous nous fait sursauter. Nous arrivons à un carrefour où des cadavres boches pourrissent... Il y a aussi des tanks calcinés. Nous nous arrêtons dans ce carrefour, c'est une vraie pagaille de voitures. Tout à coup "Boum". En même temps avec le chef de voiture nous pensons qu'un canon français tire derrière nous, je me retourne pour le regarder et je vois un nuage de poussière, des hommes qui tombent, des voitures qui flambent à vingt mètres derrière mon Scout.
Le tenps d'un éclair et je m'éloigne à fond de train de ce coin battu par l'ennemi.
J'ai bien fait car par la suite j'apprends qu'il est tombé une trentaine d'obus, et que les deux Scouts (3) qui me suivaient l'un a sauté et le chef est blessé, l'autre est indemne mais le chef et le chauffeur sont tués et brûlés, et le mitrailleur blessé, c'étaient de bons camarades.
Nous passons dans un village LA FARLEDE, les gens nous embrassent avec les larmes aux yeux, nous leur donnons des cigarettes et des conserves. Nous arrivons dans les faubourgs de TOULON, mais les forts qui dominent la ville sont tenus par
les Allemands et ils bombardent violemment, nous serrons les voitures le long des murs car les éclats tombent comme de la grêle, malgré cela les civils viennent à nous. Nous nous abritons dans les couloirs, il y a des morts et des blessés. Un coup de fusil part d'une maison, sans doute un tireur isolé, pour le faire taire, le tirailleur sénégalais de mon équipage lui lâche une bande de deux cents cartouches de mitrailleuse, et moi, je vide mon chargeur de mitraillette dans la fenêtre, il n'a plus tiré. Mais il y en a d'autres qui toute la journée nous tirent dessus, toujours par les fenêtres, ils sont difficiles à dénicher. Comme le tir allemand devient plus violent, nous nous replions un peu en attendant que ça se passe. Un à un, les forts se rendent et nous pouvons réavancer, de longues files de prisonniers passent, ils ne sont pas fiers, je n'ai jamais vu des gens avoir aussi peur. ils courent les bras levés et ont un regard de bêtes traquées : juste revanche.
Le tirailleur sénégalais les fait accélérer à coups de crosse et ses collègues aussi (Tailleurs, à chaque fois ils trébuchent. Ils laissent tomber tout ce qu'ils ont j'en profite pour récupérer un pot de miel, des cigarettes turques et hollandaises du saucisson, des serviettes, des chaussettes, des savonnettes de luxe je distribue le tout aux civils. Maintenant, ça se calme, encore une file de prisonniers, un canon tire encore, les patriotes ramènent des prisonniers de temps en temps, je suis assis sur le bord de mon Scout, j'ai gardé le casque car il arrive encore des éclats. Le soleil se couche. Pour mon baptême du feu, je suis servi, ça fait un drôle d'impression on est toujours aux aguets, les nerfs et tous les sens tendus à bloc, quand un obus arrive en sifflant on se couche ou on se colle le long des murs, on n'a pas le temps d'avoir peu. Nous quittons les faubourgs dans la soirée et entrons dans la ville qui elle a beaucoup souffert.
Nous nous mettons dans une rue. face à un fort qui vient de se rendre il faut se méfier avec ces types là. Une odeur épouvantable plane sur le quartier, des chevaux tuès pourrissent à proximité, en passant devant, les gens se mettent un mouchoir sur le nez.
Il me faut dormir à mon volant. Bonne nuit ! "



Nota : Nous avons débarqué du LST américain No 1019 le 22 août 1944 à 3h 30 sur la plage de LA NARTELLE, à 6 kilomètres de Sainte-Maxime.


Vendredi 25 août 1944

En m'éveillant, je ne pouvais plus me déplier, j'avais dormi au volant les jambes et le buste tout en boule. Il nous est encore plus difficile de trouver de l'eau pour faire le café, car depuis le 5 juillet après un bombardement américain, il n'y a plus d'eau dans la ville et les gens se ravitaillent dans les rares puits qui existent. Comme il faut de l'eau pour le peloton et que je ne sais pas quoi faire, je me mets en chasse La gare détruite est tout à côté et je trouve un château d'eau plein, il y en a plusieurs milliers de litres, c'était sans doute pour les locomotives. Seulement comme les alentours sont minés, les civils n'approchent pas. Aussi je me sers copieusement et indique l'endroit aux camarades. Des jeunes filles nous apportent des bouteilles de citron et d'apéritifs. Ils sont heureux de voir des Français et nous disent qu'il y a longtemps qu'ils nous attendaient.
Je vais avec mon radio faire un tour en ville. Des prisonniers commencent à enterrer les chevaux crevés. Ce ne sont que des ruines partout, un grand café est même rouvert. Des F.F.I emmènent dans l'avenue une femme entièrement nue qui avait
caché des Allemands chez elle et qui ont tiré sur les troupes françaises, elle subit un petit traitement qui n'a rien d'agréable, à leur place, je l'aurais descendu tout de suite.
A midi déjeuner, sardines françaises que j'ai prises aux Allemands pâté de même provenance, tomates que les habitants nous ont données. Après, nous écoutons le communiqué qui nous fait bien rire "ici Londres, les troupes françaises sont aux abords de TOULON". La bonne blague, nous sommes en plein centre depuis hier soir, en train d'écouter le communiqué. Dans l'après-midi, je monte au fort qui s'est rendu hier, il faut se méfier, c'est truffé de mines. Il y a de tout, des armes des munitions, des caisses de médicaments, c'est une vraie pagaille, on voit que les fritz sont partis précipitamment. Je pénètre dans un souterrain qui leur servait de dortoir tous les vêtements sont épars. ils ont tout abandonné ; au bout deux petites chambres, sans doute pour les officiers; là je prends du papier à lettre, savons, tabac, lames de rasoir, chaussettes de laine, ils ont de tout mais hélas, ce "tout" porte en général des marques françaises.
Vers cinq heures, nous partons jusqu'à un village entre Toulon et Marseille, mais plus près de Toulon. Au passage, nous avons vu la poudrière qui a sauté, il n'y a plus un bâtiment debout, la route a sauté aussi, les maisons dans un rayon de trois cents mètres sont écroulées et ça et là parmi les ruines des cadavres boches gonflés comme des outres commencent à empester l'air, ils ne sont pas beaux à voir. Nous sommes arrêtés dans les champs à côté de SANARY. je pense et souhaite que nous passerons une bonne nuit.


Samedi 26 août 1944

Je m'éveille assez tard, déjeuner à midi, la sieste est interrompue, dans trois minutes. Il faut être prêt à partir, une batterie de DCA ne veut pas se rendre à l'entrée de la SEYNE SUR MER, il faut la liquider. Mais arrivés sur place, il y a une heure qu'ils sont partis, nous faisons des prisonniers, il y en a un dans le Scout, comme il parle un peu français nous l'interrogeons, il est Polonais et a été incorporé de force dans la Wehrmacht. Les habitants de la SEYNE sont contents, c'est la première fois qu'ils voient des français, ils nous interrogent, nous embrassent et nous assaillent de questions. Mais il y a toujours des forts qui tiennent. Une Jeep de chez nous qui s'engageait sur la route du littoral est prise sous le feu du fort de BALAGUIER. Aussitôt, avec les deux chars qui l'accompagnent, ils ripostent, les boches hissent un drapeau blanc pour se rendre, les nôtres continuent à tirer et coupent le drapeau les boches en hissent un second, alors nos chars approchent en donnant un coup de sirène et en tirant un coup de canon alternativement, les fritz sortent, ils sortent aussitôt alignés les mains en l'air et fouillés, quelques jeunes qui veulent crâner sont aussitôt mis a la raison à coups de crosse. Bonne journée pour le peloton :
un fort pris et trente prisonniers, sans aucune perte chez nous.
Je ne suis pas trop content car je n'ai pas été directement mêlé à cette opération. Le soir, il faut garder les environs d'un autre fort qui sans doute va se rendre car le lieutenant a envoyé un sous officier allemand pour dire à la garnison de se rendre qu'il ne leur sera fait aucun mal. Nous restons pour surveiller les issues je suis avec mon Scout juste où la Jeep a été attaquée tout à l'heure, il fait noir mais sur la gauche les cales de lancement de sous-marins du MORILLON sont en flammes en face de l'autre côté de la rade le fort du Cap Brun flambe également, c'est du travail boche, ils détruisent tout avant de s'en aller, le fort NAPOLEON que nous attendons est en train de brûler, ils font sauter leurs canons et brûler les munitions. A minuitnous partons, le fort s'est rendu, mais pas du côté où on l'attendait, c'est un régimentde noirs qui les a récupéré, gare à eux...
En revenant, mon Scout est bloqué par un fil de tramway qui pendait et s'était enroulé dans l'essieu amère, il en pend partout de ces fils. Nous rentrons au bivouac à une heure pour apprendre que le lendemain à neuf heures, nous défilons à TOULON


Dimanche 27 août 1944

Je prends la garde jusqu'à deux heures puis je m'endors, je m'éveille de bonne heure pour me laver, me raser et brosser ma tenue pour le défilé. Nous sommes passés en revue dans le faubourg même où nous nous sommes battus, nous défilons en ville sous les acclamations de la foule et nous rentrons. L'après-midi repos. Après : RAS (rien à signaler).


Lundi 28 août 1944

Le matin, nous partons pour FABREGAS, où nous nous reposons un peu. Nous nous installons dans un bois de pins face à la mer, c'est un joli coin plein de villas d'ailleurs, mais de villas qui ont été évacuées. Je remets le Scout en état et le soir je vais dans le fort voisin faire une razzia, il faut faire attention où l'on met les pieds c est plein de pièges à mines. Je reviens avec un tas de petites chose. Je ne dîne pas je n ai pas faim, je m'endors.
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 16 Jan 2007 - 11:59

la suite..:

"Mardi 29 août 1944

Je fais la grasse matinée, le sénégalais m'apporte au lit le chocolat fait par le radio, il m' apporte aussi des biscuits et des bonbons. Je suis comme un coq en pâte.
Je travaille sur mes armes, et sur un pistolet trouvé hier au fort sous un canon que les fritz avaient fait sauter comme tous les autres d'ailleurs. Je lave mon linge et fais la sieste, je voulais retourner au fort mais c'est interdit. Il vient d'arriver à l'infirmerie qui se trouve à côté de mon Scout trois soldats du régiment qui se sont pris dans les pièges à mines, ils ont reçu toute la charge dans le dos, mais maintenant on ne peut plus aller au fort. Ça vaut mieux, il n'y aura plus d'accidents.


Mercredi 30 août 1944

Levé de bonne heure, en tenue de parade pour défiler à TOULON, rentré à midi, l'après-midi, repos. RAS.


Jeudi 31 août 1944

Repos toute la journée. Le soir, j'allais me coucher quand le lieutenant vint me prévenir et me féliciter pour ma nomination de caporal qui date du premier juillet.
C'est drôle, il y a juste deux ans que j'ai été nommé pour la première fois.


Vendredi 1er septembre 1944

Repos, nous sommes à FABREGAS dans un joli petit bois de pins qui domine la mer, il y a quelques villas mais toutes évacuées, à proximité une batterie d'artillerie allemande où j'ai déjà fait quelques explorations. A deux heures, nous sommesprévenus de nous tenir prêts à partir, nous ne partons que le soir tard vers dix heures, toute la nuit nous roulons. RAS.


Samedi 2 septembre 1944

Il est très pénible de tenir les yeux ouverts, la fatigue et la poussière nous endorment.
Il ne le faut pas surtout, dans mon Scout tout le monde dort. J'entends du bruit derrière moi, c'est le Scout qui me suit qui a emporté un arbre et est tombé dans le fossé, il s'est endormi au volant, mais il n'y a que des dégâts matériels. Pour me tenir éveillé, je m'essuie le visage avec mon chèche humide. Le matin au lever du jour, une pause nous permet de faire du café au lait bien chaud. Avec le jour, mon envie de dormir a disparu.
Tous les ponts sont sautés, il faut passer sur des ponts de bateaux ou des ponts de fortune qui nous obligent à de grands détours. Les bas-côtés de la route sont jonchés de camions et voitures allemandes, la plupart hélas de marque française qui ont été incendiées par les chasseurs français ou américains.
Quelquefois aussi, un de ces chasseurs que la DCA mobile allemande a abattu.
Pourtant, dans les villages où nous passons, les gens nous applaudissent, nous donnent du vin et des raisins quand nous pouvons nous arrêter. Dansl'après-midi,nous prenons une bonne averse, nous sommes trempés comme des soupes, le soleil a tôt fait de nous sécher. Depuis hier soir, nous avons passé : AIX EN PROVENCE.AVIGNON, NIMES et le soir nous bivouaquons à MONTPELLIER."

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 16 Jan 2007 - 12:01

Suite et fin:

"Dimanche 3 septembre 1944

Départ de bonne heure, il fait froid, il fait noir, nous roulons vite et passons par BEZIERS, NARBONNE, à midi nous arrivons à PERPIGNAN, nous avons une demi-heure pour nous préparer car tout à l'heure nous allons être passés en revue par le Général de Lattre de Tassigny qui nous commande. La revue et le défilé se passent sous les acclamations de la foule, après nous pouvons aller en ville... Quelle chance ! C'est la première fois depuis que nous sommes en France que nous pouvons sortir. En ville, les gens nous regardent curieusement, ils ne savent pas à qui ils ont affaire et quand ils voient que nous avons l'écusson tricolore sur notre manche, ils nous assaillent de questions auxquelles nous nous efforçons de répondre de notre mieux.
L'après-midi se passe dans les cafés, et en promenade, le soir je rentre me coucher à onze heures car demain nous roulons. C'est ma première bonne journée passée en France.


Lundi 4 septembre 1944

Nous partons de PERPIGNAN dans la matinée et refaisons le même chemin qu'hier, mais en sens inverse, nous repassons NARBONNE. BEZIERS et MONTPELLIER, nous bivouaquons à LUNEL dans une ferme, c'est plein de moustiques.


Mardi 5 septembre 1944

Départ de bonne heure. Rouler toute la journée en remontant la vallée du Rhône.
Tout le long de la route est jalonné de tombes allemandes et de véhicules brûlés. Où nous sommes arrêtés (LE POUZIN). il y a quelques voitures brûlées et deux tombes allemandes toutes fraîches à côté de mon Scout. A part ça, RAS."


Fx
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Jeu 18 Jan 2007 - 11:10

JOURNAL DE MARCHE DU 8 eme REGIMENT DE CHASSEURS D'AFRIQUE:
http://www.chars-francais.net/archives/jmo/jmo_8rca.htm

"...Un Aspirant monte sur mon char de tête et nous partons avec les tirailleurs... en approchant, il apparaît que les Boches ont remué beaucoup de terre par ici.
Au bout du sentier, apparaît d’abord une petite casemate qui le commande... un obus explosif et la casemate grille avec son lance-flammes. A travers la fumée, le Brigadier-Chef PLONGERON, tireur aux yeux bleus infaillibles, distingue un PAK au ras du sol... un obus projette son tube à dix mètres il n’ennuiera plus les voitures qui ne pouvaient déboucher du PRADET.
Sur la droite, encore deux mitrailleuses qui sautent en l’air il reste le mur... trois coups de perforants y font de bonnes brèches. Rien ne bouge dans le Clos, mais les tirailleurs sont arrêtés par les barbelés et le champ de mines, Ils hésitent. Le T. D. de tête s’avance alors, tandis que l’Aspirant crie à ses hommes de marcher dans les traces des chenilles... ‘Un bond jusqu’au mur, un coup sur un tas de munitions, pendant qu’un deuxième T. D. se dirige sur la droite pour contourner le Clos. Les Boches alors n’insistent plus et c’est les bras tremblants qu’ils sautent le mur... 43 dont un officier sont pris. Le Clos, on le voit maintenant, est truffé d’abris bétonnés."...la suite à découvrir

FX

L'attaque de la batterie de Ste Margueritte à Toulon:

"Le fort de SAINTE-MARGUERITE se présente sous l’aspect d’un ouvrage dominant la mer avec 4 pièces de 155 tournées vers le large, 2 pièces de 88 D. C. A. et D. C. B., des pièces de 47 antichars en embrasures et de nombreux canons de 20 Bréda. Une tour bétonnée avec télémètre surmonte le tout.Depuis deux jours, ces deux pièces de 88 ont fait un travail monstre, tirant partout sur les fantassins, démolissant nos voitures, tirant même au fusant sur nos avions d’observation.
L’artillerie, malgré plusieurs pilonnages, n’a pas réussi à les faire taire on distingue toujours de la cote 55 les artilleurs s’activer autour de leurs 88. C’est alors qu’un de mes T. D. se glisse dans les pins pour gagner une position acrobatique au bord de la falaise. Le fort se voit assez bien, se découpant sur le soleil à 1.500 mètres. Le tireur ouvre le feu sur la pièce de gauche qui est touchée au 3e coup, une salve de six coups et le tube est coupé. On passe à la suivante qui est traitée de la même manière, bien que le réglage soit assez difficile. car le sol, en aiguilles de pins, s’affaisse à chaque départ, sous les 30 tonnes du destroyer. Enfin, une courte flamme, et le long canon du 88 s’affaisse...
Au tour du télémètre maintenant.., quelques coups de perforant-explosifs en ont raison deux ou trois obus sur un tas de munitions, et le haut du fort est complètement dévasté nous pouvons nous retirer tranquilles...
L’infanterie s’est avancée à 300 mètres du fort les chars légers des fusiliers marins tâtent le terrain... un obus perforant atterrit à 20 mètres devant le premier !... Surprise le fort tire encore et l’on rappelle les T. D.
L’un d’eux est amené derrière une murette. Son tireur, qui avait eu chaud en ITALIE, lorsque son char avait grillé, examine attentivement le fort... Deux embrasures carrées regardent la routé, ce doit être là !...
A 300 mètres, le premier obus entre dans l’embrasure de gauche quatre obus le suivent et une énorme explosion entraîne une bonne partie du fort à la mer, tandis que les fusiliers marins poussent des cris d’enthousiasme, il peuvent avancer tranquilles. Il est 10 heures. Le Capitaine, commandant la Compagnie attaquante du B. M. 21, envoie deux sections en avant dont une sur le fort.., mais l’accrochage est sérieux, tout le bois entourant l’ouvrage est rempli de fusiliers marins boches.
A 13 heures, le Capitaine a l’idée d’envoyer un prisonnier allemand accompagné d’un Sergent français brandissant une serviette au bout d’un roseau. Il invite la garnison à se rendre, sinon tout le monde sera anéanti. Le coup réussi, un Colonel allemand sort accepte de se rendre à 14 heures. On cesse le feu et à 14 h.. 30 nous voyons sortir avec stupéfaction 700 hommes et 21 officiers dont 3 supérieurs 60 blessés sont encore dans les souterrains.
Je ramasse la casquette du Colonel allemand dans sa chambre, souvenir d’un joli coup de filet ".

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Jeu 18 Jan 2007 - 11:28

Jean Mayans débarque en Provence à bord de son char Sherman TONNERRE (1ere DB):

"Le 10 août 1944, la 1° DB constituée de plusieurs dizaines de cargos L.S.T. (landing- ship- tank) où se trouvaient l'infanterie, l'artillerie et la cavalerie, un escadron de 17 chars CHERMAN (avec un équipage de 5 personnes : le conducteur, son aide, le radio-chargeur, le tireur et le chef de char) dans la cale et sur le pont une compagnie de ZOUAVES (200 environ) .
L'équipage de ce L.S.T était grecque , du Commandant au moussaillon !
Pour éviter les sous-marins allemands le convoi a longé les côtes algériennes et a fait plein NORD au large de la SICILE et la CORSE pour atterrir devant Sainte MAXIME .

Pour garantir le top secret de la mission, les officiers ont décacheté les plis secrets en pleine mer et c'est à ce moment que la troupe a connu son lieu de débarquement, primitivement prévu à FREJUS.
Le 16 au matin, protégés par les tirs de la Marine Nationale ( le Lorraine, le Georges LEYGUES et l'Emile BERTIN) ainsi que la Marine Américaine, les combattants débarquent [b]à La NARTELLE, dans une brèche ouverte dans le Mur de la Méditerranée, par le Génie Américain la veille et l'artillerie de Marine.
Une incompétence du Commandant grec a failli coûter cher à nos vaillants soldats : il avait oublié d'actionner les ventilateurs chargés d'évacuer les gaz d'échappement des chars et GMC qui tournèrent une demie-heure avant le débarquement et qui provoqua une intoxication générale.

Ce qui obligea les hommes à récupérer à l'abri d'un bosquet pendant 4 ou 6 heures derrière la Nationale 98 ( par chance il n'y avait pas d'allemand !)
Le premier engagement eu lieu au LUC le 17 août , le 4° escadron (commandé par le Capitaine ARDISSON) était désigné pour l'opération .
Jean MAYENS , pilote du char VERDUN commandé par le sous Lieutenant Bernard GIRAUD, (fils du général) participa avec le 3° peloton.

Le char TONNERRE (2° peloton) fut touché par un canon antichar de 75 mm. PAK ; il n'y eu qu'un seul survivant ; voici la liste des tués : BERNIER Maurice, MILLERAND Roger, BACLAY Raymond, BISBAL Henry, petit algérois de 20 ans, enterré au Luc.

Le régiment du 2° CUIR ainsi que la 1° DB, avec plus ou moins de pertes, libéra : AUBAGNE (21 août), Marseille (du 23 au 25 août), et toutes les villes et les villages de la vallée du RHONE jusqu'à TOURNON (1° septembre)



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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Jeu 18 Jan 2007 - 11:37

Journal de marche du 2eme Regiment de Cuirassier (14 et 16 août 1944):

http://www.2emecuirassiers.com/journal%20de%20marche%202eme%20Cuirassiers%2003.html

EXTRAIT:

"La traversée pour le convoi dure 5 jours.
L’itinéraire suivi longe les côtes d’Algérie jusqu’à PHILIPPEVILLE puis remonte droit vers le Nord par les côtes de la Sardaigne et de la Corse.
Le temps est merveilleux, la mer parfaitement calme.


MARDI 15 AOUT 1944 :

Vers 17 heures les côtes de la France sont en vue.
Une flotte d’environs 800 navires croise entre la région Est de St RAPHAEL et CAVALAIRE. On y remarque la présence de plusieurs belles unités de la marine de guerre Française en particulier le cuirasser LORRAINE, les croiseurs EMILE BERTIN, GEORGES LEYGUES, le contre torpilleur LA GLOIRE, etc …………
Tandis que la marine Américaine effectue un violent bombardement de la région de St RAPHAEL, les L.S.T. et les M.T. sont dirigés vers l’entrée du golfe de St TROPEZ puis à proximité de la plage de la NARTELLE où se trouvent réuni de nombreux navires. Vers 21 heures un avion ennemi survole la baie, mais une vigoureuse D.C.A. le met en fuite. Les L.S.T. commencent à débarquer vers 19 heures à La NARTELLE. Les escadrons sont mis à terre dans l’ordre 2ème – 3ème Escadrons, Etat-Major et se rendent aussitôt dans la zone de dewaterproofing qui avait été fixée à Ste MAXIME. Le dewaterproofing se fait également en pleine nuit.


MERCREDI 16 AOUT 1944

Les éléments débarqués se rendent dans la zone de regroupement du C.C.1 qui est échelonné de part et d’autre de la route Ste MAXIME – PLAN DE LA TOUR. Les 2ème et 3ème Escadrons y arrivent les premiers et occupe les bois en bordure de la route à 4 kms environs de PLAN DE LA TOUR. L’Etat-Major s’installe immédiatement derrière. Enfin le 4ème Escadron rejoint vers 10 heures 30 et s’installe entre le 3ème Escadron et l’Etat-Major. Le P.C. du C.C.1 est à la briqueterie CAILLON. Les pleins d’essence sont complétés dans l’après-midi. Une reconnaissance légère part pour reconnaître la route de GONFARON : Lt BLEY avec une section du 3ème Zouaves, Lt JOURDAN du 9ème R.C.A. en jeep et le H.T. des renseignements du 2ème Cuirassiers (Aspt CALIA). Le Général Cdt le C.C.1 constitue à 12 heures 15 un groupement aux ordres du Chef d’Escadrons De LAPRADE, cet Officier reçoit la mission de se rendre à GONFARON par le col de VIGNON, la GARDE FRENET, et les MAILLONS. Derrière la reconnaissance, ce détachement comprend le 4ème Escadron du 2ème Cuirs (Capitaine ARDISSON), une compagnie de Zouaves (Capitaine GUINARD), une batterie d’artillerie, un escadron de T.D. (Capitaine LAPORTE) et 2 voitures sanitaires. Il doit retrouver à GONFARON la reconnaissance et le H.T. des renseignements, le détachement part à 15 heures.
Vers 16 heures 30 le Capitaine ARDISSON entre avec un peloton dans le village de GONFARON. Mais le Commandant De LAPRADE qui suivait à 2 kms derrière apprend à 3 kms du village qu’une résistance ennemie située à environ 200 mètres au Nord de la route empêche le reste du détachement de progresser derrière les chars. Il se rend à environ 1 kms en avant et prend des renseignements sur ce « pillbox » auprés des fantassins américains déployés dans les fossés de la route à 500 mètres Sud-Ouest de la ferme PARIS. Il décide d’abord de se rendre compte de l’emplacement exact du pill-box, se porte à cet effet avec un Sous-Officier américain jusqu’à la ferme PARIS qui semblais inhabitée. La maison est visitée de la cave au grenier, l’emplacement des organisations et logement des Allemands est parfaitement repéré. Aucun coup de feu n’est tiré. Tout semble calme."




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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 29 Jan 2007 - 8:48

La Libération de Toulon vue par un aviateur français Capitaine Lasnier-Lachaise sur bombardier Marauder (18 août 1944- 24 août 1944): abbatu par la Flak au dessus du Cap Sicié, fait prisonnier...

http://www.vieillestiges.com/Aujourdhui/HistoireRecits/html/MjssionBouvard.html

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Sam 3 Mar 2007 - 18:08

extrait de : http://wwwphp.ac-orleans-tours.fr/crdp/cddp36//article.php3?id_article=12



Guy Pinaud :21 ans en 1943 , travailleur forcé de l'Organisation Todt au Dramont, puis évadé, assiste au débarquement de Provence à la Motte et s'engage ensuite dans l'Armée B de de Lattre:



"J’étais de la classe 1943 (20ans) et je suis parti le 5 juillet 1943 aux Chantiers de Jeunesse à Montmarault (Allier).

Le 10 mars 1944, vers 5 h. du matin, un side-car est arrivé devant notre poste de garde avec une mitrailleuse. La sentinelle française, avec une hache sur l’épaule, n’avait plus qu’à se plier aux exigences de l’envahisseur.

Après avoir fait mon paquetage, on nous a embarqué dans un train « direction inconnue » et je me suis retrouvé dans le midi de la France au Drammont à côté de Saint-Raphaël et j’étais content d’être encore en France.

À mon arrivée dans cette région, les chef de l’Organisation Todt nous attendaient et le calvaire commença.

Je travaillais dans une carrière pour extraire des pierres et les casser à la masse pour les mettre dans un wagonnet poussé à bout de bras sur des rails. Il y avait intérêt à ne pas arrêter car les gardiens savaient très bien faire accélérer la manœuvre.

La nourriture était désastreuse et le plat de consistance était la fameuse « soupe Todt », genre « patée pour les oies ». La cuillère tenait debout dans l’écuelle.

Parti de Drammont sans les Allemands le 17 juin 1944, je suis arrivé à Saint-Paul-en-Forêt. Le 19 juin, j’arrivais à Callas où je suis resté jusqu’au 13 juillet. En passant par les Arcs, j’ai terminé mon périple à La Motte (Var). Je pense que les Allemands avaient dû perdre ma trace et j’étais libre de tous mouvements.



Le 15 août 1944 à 5 h. du matin, alors que j’étais déjà levé, j’entendis un bruit d’avions et des centaines de parachutistes Américains et Anglais se jetèrent au-dessus du village de La Motte. Dans les rues, sur les toits, ils descendirent par les gouttières, la figure maquillée en noir, ce qui était très impressionnant. Un capitaine Anglais parlant le français m’a posé quelques questions et je lui ai confirmé les endroits où se trouvaient les Allemands, dont la garnison avec état-major, à environ 4 km.

Pendant que nous étions au cimetière pour enterrer deux camarades, une deuxième vague d’avions arrive avec des planeurs chargés de petits véhicules, canons antichars ou hommes de troupe.

Auparavant, les Allemands avaient planté des poteaux en bois dans le sol en prévision de l’arrivée de ces planeurs. Les Alliés étant prévenus avaient monté un système qui décrochait les ailes dès que le planeur touchait ces poteaux ou le sol et la carlingue glissait entre ces obstacles.

Je voudrai bien retrouver l’Anglais qui m’a demandé avec un bon accent : « tu n’as pas un coup de rouge à boire » ; il était garçon de café à Paris avant la guerre. Pendant ce temps-là, les péniches de débarquement accostaient sur les plages de la côte, entre Cavalaire et Saint-Raphaël et les Allemands étaient pris entre deux feux. Il y eu tout de même quelques réactions de ces derniers et des pertes des deux côtés. Le 18 août au soir, la région était nettoyée et, le 19 août 1944, je me suis engagé, à Draguignan dans la Première Armée française au 101e Régiment du Génie.



En remontant la vallée du Rhône après avoir nettoyé la région de Toulon et resté quelques jours à Pierrefeu, j’ai fait mes classes à Avignon, Serrières et Vienne où nous nous sommes entraînés sur le Rhône avec des hors-bords contenant une escouade de 12 hommes, en prévision du passage du Rhin. Nommé caporal, je fus muté au 152è régiment du Génie, 3è compagnie, 3è escouade.

L’hiver 1944-1945 fut très rude et nous avons piétiné dans la campagne d’Alsace avec beaucoup de neige et du froid allant jusqu’à -15°."



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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Sam 8 Sep 2007 - 10:55

Mme Paglia a vu le débarquement depuis les fenêtres de la villa où elle avait été relogée à Sainte-Maxime, on lui avait donné 5 jours pour évacuer l'hôtel des Palmiers où elle travaillait. Cette maison surplombait la mer.
C'était le 15 août et cela pétaradait. Ma patronne et sa fille répétaient sans cesse qu'elles avaient peur. Le gardien avait construit un abri où nous nous sommes réfugiées à 3 heures du matin. Comme il fallait manger, dans la matinée je décide de faire cuire des haricots verts. J'ouvre la baie et je pense : c'est bien brumeux, malgré le soleil qui brille ! Ce n'est pas possible qu'il y ait tant de brouillard, en me disant que peut-être les Allemands font des manoeuvres ! Je vois passer un civil armé d'un fusil qui me crie : ils ont débarqué ! La brume masquait les parachutistes et les barges de débarquement. A 17 heures, on a enfin pu descendre. C'était superbe. Il y avait 1600 bateaux dans le golfe de Saint-Tropez et Sainte-Maxime. Il y avait des Américains, des Français, des Arabes. Pour faire sortir les chars, ils avaient fait des passerelles. Le maréchal, alors Général de Lattre de Tassigny qui avait participé à la campagne d'Allemagne, arrivait pour prêter main-forte aux Alliés. Les Allemands ont été faits prisonniers, sans dégât dans l'hôtel.”

Puis les Américains ont progressé vers l’intérieur. A Draguignan, Mme Bonnay a pressenti leur arrivée :
On approchait de la fin de la guerre. Le soir, je m'assieds sur un banc au bord de la route. Un lieutenant allemand me rejoint et je lui dis :
– “Alors vous avez perdu la guerre ?”
Il me répond :
– “Non, nous n'avons pas encore perdu !”
Et moi de lui rétorquer :
– “Mais les Américains sont à soixante kilomètres de Paris !”
– “Peut-être, mais notre chef nous a promis des armes secrètes !”
J'ai su après qu'il s'agissait des V1 et des V2, des avions sans pilote, des missiles en quelque sorte. C'est vrai, qu'à quelques jours près, cela aurait pu changer la face des choses.
La veille du 15 août, un Allemand, d'origine autrichienne, nous dit qu'il fallait partir, le débarquement était imminent.
Le lendemain, c'était le jour de la fête de ma sœur. Je lui avais acheté un flacon de parfum « Indiscret » de Lucien Lelon.
Ma mère avait réussi à avoir un lapin qu'elle avait fait rôtir. Tout à coup, on nous dit :
– “Ca canarde, il faut partir !”
Nous sommes partis au Malmont chez une épicière. Les gens arrivaient de tous les bords. Nous avions apporté ce qu'il nous restait pour manger.
Les nouvelles fusaient de partout, les vraies, les fausses.
Un petit avion nous survolait, c'était un avion de reconnaissance. Il a dû nous confondre avec des soldats, il a réglé son tir sur une cheminée du cabanon. Elle est tombée. Au même moment, deux soldats allemands sont arrivés, ils ne voulaient plus se battre, ils voulaient être nos prisonniers, ils nous ont donné leurs armes.
Nous les avons enfermés avec les cochons. Mais pensant que les Allemands allaient revenir, nous avons demandé à nos prisonniers volontaires de partir


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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Dim 11 Nov 2007 - 10:20

Journal de la Libération de Marseille, d'une habitante de la Viste:
http://famillefine.free.fr/Docs-Lhospitaliere/LiberationMarseille.htm

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 3 Déc 2007 - 10:39

ROBERT LEON DEBARQUE EN PROVENCE:

http://www.effelle.fr/francais-libre/

" Le 16 août, à 13 heures, nous apercevons
une masse sombre à l'horizon de l'eau lisse et argentée : les côtes de France ! Pour les « anciens » de la DFL, cela fait quatre ans qu'ils attendent ce moment qui a nourri leur espérance. Beaucoup de larmes sont discrètement effacées. (…) Nous débarquerons dans la rade de St Tropez

Vers vingt heures, arrivent soudainement sur nous huit avions de la Luftwaffe. Trois bombes encadrent notre bateau. La DCA tire sans relâche, le ciel est en feu dans le crépuscule, (…) sur la plage on relèvera 80 morts et blessés, (…)
« Sur notre passage, les volets s'ouvrent. De timides voix de femmes, presque des chuchotements, accompagnent notre arrivée : « Français ?… Vous êtes… les Français ? »
Puis vient un cri de délivrance qui s'étrangle dans un sanglot de bonheur et éveille tout un quartier : « Ils sont là ! Ils sont là ! Les Français sont arrivés ! ». Dans la nuit, les larmes ne se voient pas


Je descends enfin mon command car de la péniche. Avant même la zone de regroupement prévue pour le « dé-waterproofing », je m'arrête quelques instants sur le sable. Comme tous ceux qui foulent aujourd'hui le sol qu'ils ont quitté des années auparavant, je me penche et prends furtivement dans mes mains un peu de cette terre de France, que j'ai tant espéré sentir sous mes doigts. Je la porte à mes lèvres. Il n'en faut pas plus pour chavirer le cœur d'un homme. Vingt mois que je rêvais de ce bref moment de recueillement, de ces délicieuses secondes de solitude, volées à l'indescriptible agitation qui m'entoure ! Une virile pudeur me fait bientôt reprendre mes esprits. Je laisse filer le sable entre mes doigts et remonte en voiture"

"L'armée de Lattre conquiert Toulon, Hyères, Marseille… avec cinquante jours d'avance sur les prévisions américaines.
Mon père connaissait JP Aumont, (le célèbre acteur, aide de Camp du général BROSSET), il nous en a parlé, mais aussi Michel de Ré, futur acteur et homme de théâtre, et a aussi côtoyé le prince Rainier de Monaco engagé lui aussi dans la 1°Armée Française, comme « simple » sous-lieutenant au QG75 précisément
.


Le sergeant Pierre Huteau , pied noir d'Oran, débarque à Toulon en Octobre 1944:

extrait de : http://md.bidoir.free.fr/1944_1945_RICM.htm
"Je ne touche quant à moi le sable non loin de Toulon que le 7 octobre. Notre mission de renfort est de poursuivre les Allemands qui tentent de regagner coute que coute l'Italie de Mussolini ou l'Espagne de Franco. Ces derniers s'installeront définitivement en Amérique latine. Pendant qu'une partie de mon peloton est donc détachée vers Nice, celle dans laquelle je suis, file sur Marseille-Perpignan. Les agglomérations provençales que nous traversons libérées fin août n'en sont pas moins dangereuses pour nous, ni pour la population. L'ennemi dans sa fuite se fragmente en petites unités incontrolables prêtes à toutes les représailles et mauvais coups L'Histoire nous le confirmera.

N'ayant pas eu le privilège d'être des premiers libérateurs pour qui la ville portuaire se mit aux premiers jours en liesse, nous vîmes (soit 5 semaines après la bataille libératoire de Toulon) mes compagnons et moi, un Toulon fort différent Assez peu de civils pendant les durs combats qui continuaient encore à notre arrivée et l’impression que nous laissèrent les méridionaux ne fut pas du tout à leur honneur. Si je ne peux qu’approuver la prudente disparition de tous ceux qui n’avaient à espérer de la bataille qu’un horion perdu et sans gloire, je fus littéralement écoeuré de leur conduite quand le feu cessa. Je suis très loin d’admettre que les Boches aient été des modèles de correction mais les toulonnais qui jetaient des pierres, où tentaient, parfois avec succès, de frapper des prisonniers qui ne s’étaient rendus qu’à l’évidence de leur défaite après avoir vaillamment combattu, ne faisaient guère preuve de dignité. Le défilé des femmes en loques et tondues paraissait peut-être une réprésaille très spectaculaire à ceux dont le seul courage aurait dû être d’écouter la radio anglaise avec trois couvertures sur leur porte mais je n’ose imaginer qu’ont pu en penser nos tirailleurs sénégalais ! Enfin, le troupeau de mendiants geignards qui assiegea nos voitures de combat stationnées dans les rues de la ville pour obtenir une boite de conserve, une tablette de chocolat ou une « chesterfield » montraient assez bien assez clairement combien l’estomac était plus important pour eux que le départ des Allemands. Shocked J’en ai entendu qui regrettaient que nous ne soyions de ces américains dont la réputation de munificence était venue jusqu’à leurs oreilles. Un père de famille rappelera son gamin en lui hurlant "ils n'ont rien à te donner, reviens " ! A ma grande honte, je dois cependant une rectification : ce sont des filles de joie d’une maison close, alors que nous stationnions devant leur établissement à proximité du port qui nous fêtèrent le plus sincèrement et nous offrirent du vin, du champagne, ou des fruits sans la moindre tentative de nous soutirer quoi que ce soit. Surtout que l’on ne m’accuse pas de généraliser. Tous mes compagnons purent faire dans leurs différents quartiers de la ville les mêmes observations et je pus en juger autant par mes questions que par les bribes de discussions que je ne manquais pas de saisir par la suite.


Pendant la grande parade, que fut notre avance de la Méditerranée au Doubs, en passant par Perpignan, nous fûmes continuellement acclamés par la foule massée de chaque coté de la route, mais je ne trouvais pas leur enthousiasme supérieur à celui des Oranais venant admirer nos défilés dominicaux. Si parfois un panier de raisin où un melon nous fut offert, ce fut sans délire et j’aurais préféré être maculé du jus des fruits qui nous aurait été lançé dans une grande explosion de joie à ces offrandes raisonnées que nous aurions pu payer sans grandes protestations, si nous en avions eu l’intention.


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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 11 Fév 2008 - 16:10

correctif et commentaire du texte ci-dessus :
study Le sergent P.H est un métropolitain Evadé de France par l'Espagne en janvier 43. Choisit le R.I.C.M. au Maroc et ne débarque à la Nartelle que le 7 octobre 44, soit 6 semaines après la libération de Toulon. Sa perception négative des toulonnais est annonciatrice des débuts de l'Epuration ... :jkhi:
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 19 Fév 2008 - 13:41

Le sergent P.Huteau à Toulon le 7 Octobre 1944:
extrait de : http://md.bidoir.free.fr/1944_1945_RICM.htm
N'ayant pas eu le privilège d'être des premiers libérateurs pour qui la ville portuaire se mit aux premiers jours en liesse, nous vîmes (soit 5 semaines après la bataille libératoire de Toulon) mes compagnons et moi, un Toulon fort différent ..."

http://www.duhamel.bz/souvenir/1944.htm
"Le 23 septembre, le Régiment fait mouvement par Cogolin, Le Luc et Brignoles jusqu'à Saint-Maximin, une trentaine de kilomètres au Nord-Est de Marseille où nous bivouaquons à la sortie de la route qui mène à Aix en Provence. Les civils qui nous voient passer libérés depuis plus d'un mois à présent, ne font plus preuve d'un enthousiasme dé­bordant. Ils nous sourient, sans plus. Seuls, les gamins, nous prenant sans doute pour des Américains, nous demandent toujours chewing-gum et chocolat."

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 19 Fév 2008 - 14:32

Il est brave le sergent Puteau mais s'il s'imaginait que les Toulonnais avaient tous encore du champagne à leur offrir après 2 ans d'occupation ...

Quant à la baisse de la liesse populaire quoi de plus humain 5 semaines après les premiers libérateurs, les gens en ont vus des milliers de camions et tanks passer sur les routes.

D'ailleurs, des témoins en Normandie ont observé
la même chose alors d'ici à dire que les méridionaux ont montré leur vrai visage .... Mad
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 22 Fév 2008 - 16:43

D'ailleurs, des témoins en Normandie ont observé
la même chose alors d'ici à dire que les méridionaux ont montré leur vrai visage .... affraid

surement...et je m'attendais bien un jour à une réaction ,

la reflexion du sergent qu'à été mon père et dont j'ai entièrement respecté le texte est celle d'un type qui n'avait que 20 ans lorsqu'il a écrit cela ...
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Sam 23 Fév 2008 - 3:08

Salut MD
désolé je ne savais pas que ton père avait écrit ce texte à l'âge de 20 ans.
La jeunesse est souvent impulsive
Autant pour moi, je pensais qu'il s'agissait de souvenirs de guerre écrit 20 ou 30 ans après les faits.


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md

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Sam 23 Fév 2008 - 4:42

bonjour,
Mais tu es tout excusé Sainte Baume cheers crois le bien.
Ta riposte est tout à fait naturelle ... attendue... et cela met un peu de piment dans notre France actuelle (et dans notre forum Wink ) je disais dans notre France actuelle (si j'en juge la "mode" en ce moment des films T.V. en ce moment) qui oublie tout de même des divisions à cette époque et une passivité certaine. Preuve en est le nombre restreint de français volontaires de métropole (car toutes proportions gardées les pieds noirs et les corses furent nombreux) ceux de la Résistance sans qui le succès rapide et efficace était incertain et la formation indispensable compensatoire de nos troupes d'indigènes à qui l'on doit bien sûr une très juste reconnaissance ... et puis aux Alliés bien entendu. Quand je lis quelque part qu'il était possible de mobiliser 8 millions de français en 39 ... Et bien le total de ceux qui ont libéré la France, je trouve qu'on est bien loin du compte.
J'ai respecté le récit "à chaud" de mon père, jeune homme à l'époque de 20 ans et demi, avec sa vision des choses et tout de même son vécu avant son évasion de France. Il ne s'est pas montré tendre non plus sur les tourangeaux et je te propose de le lire http://md.bidoir.free.fr/1944_1945_RICM_perm.htm Il n'est pas incontestable que mon père (parti depuis 43) n'a plus suivi la progression de la pression de l'occupant. Pour ce qu'il a vu de Toulon, je crois quand même que ce qu'il l'a le plus marqué, c'est le climat qui annonçait des temps de vengeance, justifié ou non. A cette époque qu'aurions nous fait ?
Nous ne serions pas les descendants de gaulois si nous ne cherchions pas, de quoi palabrer avec quelques convictions, c'est plus passionnant... et bravo pour vos recherches de terrain.
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Sainte Baume

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Sam 23 Fév 2008 - 6:17

Oui, surtout en cette période d'elections municipales, les palabres sont très chaudes ...
En tout cas ton père était très courageux et patriote (évasion ...etc).
Je me pose souvent la question : comment aurais-je réagi si j'avais vécu cette époque ??
Lâche, courageux, hypocrite, dénonciateur, victime ???
Je ne sais et parfois j'en ai peur si je pouvais connaitre la réponse.
Donc, on peut tout pardonner à ton père (si encore il y avait quelque chose de grave à pardonner) car lui il a choisi la voie du courage !!

Tu peux être fier de lui
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MessageSujet: Pepino..!   Sam 5 Juil 2008 - 6:56

Source :
Les français dans la résistance. La résistance en Provence.
Réçits présebtés par le colonel Rémy.
Editions Famot - Genève - 1974
Tome I et II.
--> Avant le débarquement. Par Jacques Robicon.3 Page 155 :


..."Le 29 avril 1944, un avion de la R.A.F. abattu par la chasse allemande, était tombé en flammes dans le Massif des Maures, à la Font de la Truie.
Le pilote un canadien de vingt ans dont on ne devait jamais connaître le pseudonyme (Pepino), descendu en parachute, parvint à se sauver;
Il fut recueilli par le maquis local et pendant 3 mois, il travailla comme comme bûcheron dans la forêt.
C'est là que devait le trouver le matin du 15 aôut - trois jours plus tard, Pepino sera tué dans l'assaut du Fort de Mauvanne, avec les Commandos d'Afrique."
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 9 Déc 2008 - 14:30

A lire:
1944 à 1945 le R.I.C.M. de la Provence à la Forêt Noire
http://md.bidoir.free.fr/1944_1945_RICM.htm

FX
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mer 28 Jan 2009 - 12:47

Sainte-Maxime


J'avais 20 ans le 15 août 1944



Ce matin du 15 août 1944, un brouillard épais inhabituel a envahi tout le Golfe créant ainsi une atmosphère pesante et mystérieuse. La veille au soir, Claude Alavène (future Madame Faussillon), jeune Maximoise de 20 ans avait entendu à la radio ces quelques mots devenus « mythiques » : « Nancy a le torticolis et des sanglots longs des violons bercent mon coeur d'une langueur monotone...». Son père, Jean Alavène, grand résistant en connaissait la signification libératrice pour notre pays... En fait la brume matinale n'était rien d'autre que des fumigènes lâchés par les avions allemands... Dès qu'elle disparut, un spectacle incroyable s'est offert à ses yeux : la mer était tapissée de bateaux, de péniches, de navires, c'était le débarquement des alliés américains, des soldats des armées de Lattre.


Claude se rappelle avoir « entendu une personne prétendre que le Golfe de Saint-Tropez était le plus grand port du monde ! ». Effectivement, il n'y avait pas moins de 1950 bateaux ! « De nombreux véhicules sortaient des landing boat. Ceux qui avaient les pneus crevés étaient abandonnés sur place... ». Les hommes ont également débarqué et se sont éparpillés dans toutes les rues, il y en avait partout dans un désordre apparent mais calculé, car rien n'arrivait en même temps ; des combattants nettoyaient les résistances mais elles étaient très faibles.



Sainte-Maxime ressemblait à une ville fortifiée

Puis, des techniciens sont arrivés, les « sea bees » (abeilles de la mer) tirant des câbles. Dans les rues, c'était une file infinie de voitures qui circulaient en se touchant. Claude se souvient que « la veille, des papiers auraient survolé toute la région demandant aux gens de se replier, mais personne ne l'a fait. Par contre ceux qui vivaient au bord de la mer ont été évacués à l'intérieur du village ».

Sainte-Maxime ressemblait alors à une ville fortifiée, un énorme blockhaus avait été érigé par les Allemands, place des Palmiers ; tout le long de la jetée ils avaient construit un mur de 3m de haut qui partait du port jusqu'à l'actuel casino...

«Dans ce décor qui n'a rien à voir avec notre village d'aujourd'hui, je voyais des « Gi's » jouer au base-ball, c'était invraisemblable


Dans notre région, tous les 15 août, il y avait des orages. Et ce jour-là, Claude avait remarqué que les nombreux bateaux alliés avaient accroché un ballon à l'aide d'un filin. « Lorsque l'orage a éclaté, ce fut un véritable feu d'artifices : tous les ballons explosaient au contact de la foudre, l'ambiance était surnaturelle. Je regardais ce spectacle et à mes côtés se trouvait une petite fille de 3 ans. Un Gi's qui passait par là a pris l'enfant et l'a mise dans mes bras en nous donnant un chewing-gum...»

C'était fantastique

« Durant la guerre, je m'étais habituée aux bruits des souliers cloutés de l'Etat français et des bottes cloutées des Allemands ; les Américains eux avaient des semelles en caoutchouc très silencieuses
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mer 28 Jan 2009 - 12:49

Beaucoup de blessés se trouvaient à l'hôpital de Beauvallon, lorsque je m'y suis rendue avec une amie, nous devions écrire des lettres et allumer des cigarettes. Les Allemands avaient miné le bord de mer, des parachutistes ont sauté et cela a fait des dégâts. Mais certains Allemands étaient sympathiques.

« Il en est de même pour les Américains, je me souviens en avoir rencontré qui m'a conseillé de ne pas me mettre à côté de lui à cause des tirs, je risquais d'être blessée. Par contre le lendemain, je me suis rendue sur la plage abandonnée, un Américain m'a demandé de passer la première, je lui demande pourquoi, il me répond : « body traps ! » (des mines !)...



«Il y a eu une pénurie d'eau pendant quelques jours et le ravitaillement a été effectué par les camions. Le QG des Américains se trouvait au « Carillon », bar tenu à l'époque par Jimmy Pujatti, premier témoin à avoir vu les Américains en reconnaissance à 6h30 le matin du 15 août ; l'heure du débarquement avait été fixée à 8h de Saint-Raphaël jusqu'au rocher du Treillas.

« Cette libération m'a submergée de joie, j'étais contente d'en voir le bout, j'avais 20 ans, c'était fantastique de voir des jeunes, la vie commençait à changer, on pouvait manger du chocolat, du chewing-gum.... Les Américains donnaient tout. Au volant de leur voiture, ils n'avaient pas le temps de s'arrêter alors ils faisaient rouler des boîtes de conserves, du café... » Claude émue se souvient également de la journée où les Maximois avaient été parqués place du Marché et gardés avec des soldats armés.

Maryse Cote

sources: Var Matin 2008


Fx
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 6 Juil 2009 - 9:43

Souvenir d'un marin Marcel LEGENDRE: Toulon 1942, Algérie, débarquement de Provence:

Le hasard m’a été très favorable, un soir, en rentrant du travail, je trouvais, par terre, un tract barré bleu-blanc-rouge, demandant aux Jeunes Français de quitter la zone occupée. Partir ! ! Oui ! ! Mais comment ? Et où ? Un gendarme français, en tenue, venait vers moi. Arrivé à ma hauteur, je l’ai interpellé en lui montrant le tract. Il m’a simplement dit : « Tu veux partir ? ». Je lui ai dit : « Oui , mais comment ? », Il m’a fait parvenir un laissez-passer pour rejoindre la zone libre du Gouvernement de Vichy, plus, tous les papiers pour me rendre au 5ème Dépôt de Toulon, pour pouvoir m’engager dans la Marine.

Je devais passer la ligne de démarcation à Vierzon, dans le département du Cher. Arrivé en zone libre, à la place des soldats allemands, quelle joie de revoir que des uniformes français ! ! ! ! !

20 octobre 1941 : J’entrais au 5ème dépôt de Toulon, visites médicales, examens d’instruction et ensuite me voilà enfin ‘’Marin’’, du moins incorporé dans la Marine comme ‘’Apprenti-marin’’. Je touchais ma belle tenue bleu-marine, le col bleu, le béret à pompon rouge . J’étais très fier.

11 novembre 1941 : J’embarquais sur le transport d’hydravions ‘’Commandant Teste’’.


Transport d’hydravions ‘’Commandant Teste’’
C’était un grand bateau de 10000 tonnes , qui faisait l’école de canonniers pour les futurs apprentis. J’ai été embarqué du 11 novembre 1941 au 31 mars 1942.

Cours théoriques et pratiques de canonnier, cours du fusilier, manœuvrier, voile, sport, toujours au pas de course. Nous partions en chantant, ‘’obligatoire’’, de l’Arsenal de Toulon, par le mont Faron, toujours à pied, aller-retour, plus les exercices de fusiliers, sur le terrain.

C’était dur, mais j’étais heureux.

Début mars 1942 Je passais l’examen de canonnier. J’étais breveté. J’étais matelot à part entière et sur chaque manche , un galon rouge. Je suis alors affecté sur le croiseur ‘’Montcalm’’, à Dakar. Avant de quitter la France, on nous octroya une permission dans les Alpes, près de Chambéry, dans un camp avec des baraques en bois. Tous les matins, à 8 heures, nous allions, en rang, pour le ‘’lever des couleurs’’, nous coupions aussi du bois pour les besoins du camp et nous descendions à Chambéry, à pied. Ce n’était pas de vraies permissions. Nous ne pouvions ni écrire et voir nos familles puisqu’elles étaient en zone occupée par les Allemands.

Le 31 mars 1942, nous rejoignons Marseille pour embarquer sur le paquebot ‘’Médéa II’’, avec escale à Oran. Détroit de Gibraltar et Casablanca. Quelle différence avec la France. Il y avait de tout……., pain à volonté ou presque.

Huit jours de mer, et nous arrivons à Dakar. Grand port, sur l’Atlantique Sud, très chaud, nous étions 300 à embarquer sur le ‘’Montcalm’’, magnifique bâtiment filant jusqu’à 32 nœuds.

Je suis affecté au poste central des 152mm (poste à calcul de direction de tir) de mai à novembre 1942.

Peu de sorties en mer (manque de mazout), nombreux exercices à quai, tirs simulés, ect……. Et aussi de nombreuses gardes et corvées.

Il y avait, à Dakar, le cuirassé de 35000 tonnes ‘’Richelieu’’, 3 croiseurs de 7700 tonnes identiques ‘’Montcalm’’, ‘’Georges Leygues’’ et ‘’Gloire’’, des avisos coloniaux et submersibles, de nombreux sous-marins et le ‘’Jules Verne’’, ravitailleur et bateau-atelier de sous-marins, les contre-torpilleurs, les plus rapides du monde ‘’Terrible’’, ‘’Malin’’, et d’autres (40 nœuds).

Le désir de cette Flotte était de reprendre le combat contre les Allemands. Il eut lieu le 27 novembre 1942. Nous rallions la France combattante, suite au débarquement américain en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, et du sabordage de la flotte de Toulon, le 11 novembre 1942.

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