étude des fortifications allemandes sur la côte méditerranéenne en France
 
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 Souvenirs des combattants en Provence...

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 6 Juil 2009 - 9:45

24 juillet 1944 20 heures : le ‘’Montcalm’’ et le ‘’Georges Leygues’’ appareillent pour MERS-EL-KEBIR.

25 juillet 1944 07 heures : arrivée à MERS-EL-KEBIR. Dégagement du poste de manœuvre et immédiatement corvées de munitions, jusqu’à 23 heures. Le soir, nous avons les épaules en sang par le poids des projectiles que nous avons portés. Nous sommes fourbus, sous une chaleur torride.

26 juillet 1944 17 heures 30 Le ‘’Montcalm’’ et le ‘’Georges Leygues’’ appareillent de MERS-EL-KEBIR pour TARENTE, en Italie. Dans la journée, les équipages ont reçu deux piqûres en même temps : choléra et typhus.

27 juillet 1944 En mer.

18 heures : passage au large de BIZERTE

22 heures : passage devant l’île italienne de Pantellaria.

28 juillet 1944 En mer

07 heures : devant le détroit de Messine et à 18 heures : mouillage sur RODE et TARENTE.

Un remorqueur vient chercher les permissionnaires pour les amener à terre. J’embarque également. Mais je fais partie d’une patrouille de Marins du ‘’Montcalm’’ pour le maintien de l’ordre en ville.

Une rixe éclate en ville, une grenade est lancée par les italiens, contre nos marins. Deux marins du ‘’Georges Leygues’’ sont éventrés et un matelot du croiseur léger ‘’Fantasque’’ est tué. Cette région était favorable au fasciste italien de MUSSOLINI. Résultat : rappel de tous les marins français.

Voitures de quatre saisons renversées, les équipages des bâtiments français étaient révoltés. Résultat final : les marins français seront consignés sur leurs bâtiments, jusqu’au jour de l’appareillage.

Une enquête conduite par les services alliés trouvèrent les coupables des meurtres de nos camarades. Nous ne sûmes jamais qu’elle fût la sentence prononcée.

10 août 1944 Une importante formation de navires de guerre français se concentre en grande rade de TORENTE.

11 août 1944 14 heures : nous sommes informés que nous appareillons pour le débarquement en Provence. Retrouvons notre escadre américaine de Normandie : ‘’Texas’’, ‘’Arkansas’’, ‘’Névada’’, le croiseur américain ‘’Philadelphia’’, les croiseurs français ‘’Montcalm’’ et ‘’Georges Leygues’’, plus 8 destroyers d’escorte.

12 août 1944 En mer.

13 août 1944 En mer. Nous longeons les côtes de Tunisie

14 août 1944 En mer. Latitude de la Corse. L’amiral JAUGARD nous signale que « nous allons participer au débarquement de Provence et assure qu’il y aura bataille. Ne relâchons pas notre effort, nous avons le privilège de contribuer à libérer la France ».

Le commandant du ‘’Montcalm’’, le capitaine de vaisseau SERRES, ajoute : « Je vous félicite de votre bonne humeur pendant le séjour pénible de TARENTE. Le ‘’Montcalm’’ sera à un poste d’honneur. Il saura une fois de plus s’en montrer digne. Je compte sur vous pour montrer aux marins américains, que les marins français savent se battre et se battent bien ».

La marine alliée aligne 1000 navires de guerre, avec 250000 hommes. Vers les côtes de Provence, la flotte d’appui de feu comprend : 5 cuirassés 24 croiseurs 85 destroyers 9 porte-avions représentant 650 canons de calibres différents.

Composition de la participation navale française :

Un cuirassé ‘’La Lorraine’’
3ème division de croiseurs, commandée par l’amiral AUBOYNEAU: ‘’Emile Bertin’’, ‘’Jeanne d’Arc’’, ‘’Duguay Trouin’’
4ème division de croiseurs, commandée par l’amiral JAUGARD: ‘’Montcalm’’, ‘’Georges Leygues’’, ‘’Gloire’’
10ème division de croiseurs légers: ‘’Terrible’’, ‘’Malin’’, ‘’Fantasque’’
5ème division de Torpilleurs: ‘’Tempête’’, ‘’Simoun’’, ‘’Alcyon’’
2ème division de destroyers d’escorte: "Marocain’’, ‘’Tunisien’’
5ème division de destroyers d’escorte: ‘’Hova’’, ‘’Algérien’’, ‘’Somalie’’
6ème division d’avisos: ‘’Gracieuse’’, ‘’Boudeuse’’, ‘’Commandant Bory’’
10ème division d’avisos: ‘’commandant Dominé’’, ‘’Delage’’, ‘’Moqueuse’’
Un train d’escadre comprenant les transports ravitailleurs: ‘’Barfleur’’, ‘’Quercy’’, les pétroliers ‘’Elow’’, ‘’Var’’, ‘’Mékong’’.
Un régiment de fusiliers marins appelé ‘’groupe naval d’assaut de Corse, lequel a essuyé de lourdes pertes au débarquement en sautant dans un champ de mines dans le secteur de Fréjus et jusqu’au Dramont.
Effectif global des marins français 15000 hommes.

Moyens allemands

550 mines furent draguées pendant l’opération
Moyens navals :La Kriegmarine alignait :quelques sous-marins : 15 en moyenne, une cinquantaine de vedettes lance-torpilles et quelques torpilleurs
Le danger principal provenait des batteries et des blockhaus enfouis sous les frondaisons. Le secteur de TOULON, de HYERES à SANARY était truffé de pièces de calibres différents armés par des canonniers de la marine allemande.
Le principal ouvrage, deux tourelles de 340 mm, au cap Cepet (Presqu’île de Saint Mandrier) protégées par 12 canons de 105mm, 32 de 88 mm, 27 de 37 mm, tous pour protection contre avions. La portée de ces pièces de 340 mm était de 35 km, des obus de 900 kg et pouvaient tirer 8 coups par minute.
En plus, sur le secteur de TOULON, il y avait 200 bouches à feu sous blockhaus, plus 1000 pièces de D.C.A. .
Les points de débarquements des troupes alliées étaient les suivants :

Force rosée : groupe naval d’assaut de Corse MANDELIEU LA NAPOULE.
Force camel : ‘’Emile bertin’’, ‘’Duguay Trouin’’, SAINT RAPHAEL
Force Delta : ‘’Montcalm’’, ‘’Georges Leygues’’, ’’Gloire’’ SAINT TROPEZ
Force Sulki : cuirassé ‘’Lorraine’’ plus des bâtiments américains.
Sur le plan naval, nous fûmes sérieusement accrochés devant le secteur de TOULON, presque sans discontinuer du 15 au 29 août. Nous avons été contament sur la brèche ; duels d’artillerie entre bateaux et les batteries allemandes, en particulier, les canons de 340 mm.

15 août 1944

4 heures du matin : poste de combat. 6 heures 40 : ouverture du feu sur la terre.

8 heures : les troupes débarquent. Nous détruisons des mitrailleuses (nids)et des barrages antichars positionnés à Saint Raphaël. Les troupes sont repoussées.

19 heures : les bâtiments s’éloignent vers le large pour la nuit.

16 août 1944. Devant Saint Tropez, : R.A.S.

17 août 1944 17 heures. Mouillage à PROPRIANO (Corse). Corvées de munitions, de vivres et pleins de mazout par les pétroliers. Route à 25 nœuds vers TOULON. Nous bombardons les casemates de l’île de Porquerolles, où sont retranchées de nombreuses batteries allemandes. Derrière un dragueur, nous progressons vers les Salins d’Hyères.

Nous attaquons TOULON, le 20 août 1944. Le ‘’Montcalm’’ est encadré par l’artillerie allemande. Un croiseur léger fait de la fumée pour dérégler les tirs allemands. Nous prenons le large et revenons à l’assaut. Le ‘’Georges Leygues’’ est touché à l’arrière.

21 août 1944 8 heures : le ‘’Montcalm’’ est de nouveau encadré par la grosse batterie de 340 mm. Nous réduisons deux batteries . L’île de Porquerolles se rend, ainsi que la Presqu’île de GIEN.

22 août 1944 : le ‘’Montcalm’’ et le ‘’Georges Leygues’’ bombardent les positions des troupes allemandes.

23 août 1944 : PARIS est libérée ainsi que Marseille ; le croiseur ‘’Philadelphia’’ a été touché. De nouveau, le ‘’Montcalm’’ retourne dans les Salins d’Hyères. Nous bombardons de nouveau la Presqu’île de SAINT MANDRIER.

18 heures : deux embarcations de pécheurs nous accostent. On leur donne du courrier à délivrer en Provence.Un matelot du bord reconnaît des Membres de sa famille. Quelle joie…..

24 août 1944 : le ‘’Montcalm’’ mouille aux Salins d’Hyères. le ‘’Georges Leygues’’ et la ‘’Gloire’’ ouvrent le feu sur TOULON.

Pour fêter la libération de PARIS, la ‘’double’’ en vin est offerte à l’équipage du ‘’Montcalm’’.

Le croiseur ‘’Gloire’’ vient de tirer sur CEPET, 200 obus en cinq minutes. Le soir, l’escadre regagne le large.

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 6 Juil 2009 - 9:46

25 août 1944 : Nous sommes à 15 miles au large de TOULON, ‘’Montcalm’’, ‘’Lorraine’’, ‘’Fantasque’’, plus deux croiseurs anglais et des destroyers américains. Le cuirassé ‘’Lorraine’’, avec ses 340 mm, ouvre le feu, ainsi que le ‘’Montcalm’’.

26 août 1944 : Bombardons toujours la Presqu’île de SAINT MANDRIER. Des explosions à terre. Nous sommes de nouveau encadrés par les tirs allemands.

27 août 1944 : Cap sur la Corse pour ravitaillement en mazout , munitions et vivres.

29 août 1944 :Appareillage du ‘’Montcalm’’ pour SAINT TROPEZ, où nous arrivons à 17 heures. Mouillage en rade.

Du 3 au 13 septembre 1944, mouillage à SAINT TROPEZ, en alerte.

13 septembre 1944 : 7 heures : appareillage pour TOULON. Toute la flotte est présente, sauf le ‘’Richelieu’’ qui est en Extrème-Orient, contre la flotte japonaise. Manque également le ’’Fantasque’’ et le ‘’Terrible’’, partis à la rencontre du ‘’Richelieu’’, qui est sur le chemin du retour vers la France.

11 heures : Entrée de l’escadre dans la rade de TOULON, tous les bâtiments abordant le grand pavois et la flamme de guerre, qui a une longueur proportionnelle à la durée des campagnes effectuées. La notre part du mât de télépointage, fait toute la longueur du bâtiment et tombe à la mer, à la poupe. Les trois couleurs flottent fièrement sur les bâtiments. Le ‘’Georges Leygues’’ entre le premier dans la rade. Tous les bateaux français sont en tête. Les amiraux alliés ont désiré que les bâtiments français entrent seuls dans TOULON.

Mais nous avons le cœur serré, à la vue de notre belle escadre qui s’est sabordée dans le port de TOULON, le 27 novembre 1942, le long des quais du port militaire et de l’Arsenal. Il ne reste plus que des pans de murs noircis.

14 septembre 1944 : Temps superbe aujourd’hui. Il y a un défilé en ville. Des marins de l’escadre française se préparent à défiler. Une foule immense, délirante de foi, nous accueille. En tête, une compagnie de Marins américains, un détachement anglais de la Royal Navy, puis la clique des clairons de l’escadre française, suivie de 1000 Marins des bâtiments. La population s’enflamme et bien des yeux sont humides. Les dames et les demoiselles déclarent que nous sommes les plus beaux……, que TOULON et la France ont retrouvé leur marine, une Marine vivante et très fière de se battre pour son pays.

15 septembre 1944 : Le général DE GAULLE entouré de M. JACQUINOT et des amiraux français et alliés, passe en revue la flotte.

Mais la guerre n’est pas point terminée. Nous allons maintenant sur le front d’Italie, où les Allemands et les forces italiennes fascistes tiennent toute l’Italie du Nord de MENTON-VINTIMILLE aux Golfes de GENES et de la SPEZIA.

Le front des Alpes était tenu sur terre par le détachement français des Alpes, commandé par le Général DOYEN. Ces troupes avaient pratiquement pas d’artillerie et ne disposaient que très peu d’avions. La Marine devait les soutenir, côté mer, du mois d’août à octobre. Ce rôle incomba à la Marine française et à des bâtiments américains, sous les ordres du C.A. DAVIDSON, puis le 1er octobre, sous les ordres du C.A. AUBOYNEAU (France).

Le 4 novembre 1944, la Task-Force est dissoute et le 5 novembre 1944, naissait la Flanck-Force, sous les ordres de l’Amiral JAUGARD. Elle était composée de 4 croiseurs français : le ‘’Montcalm’’, navire Amiral, le ‘’Georges Leygues’’, la ‘’Jeanne d’Arc’’, la ‘’Gloire’’, 6 destroyers, dont 4 français et 2 américains, 12 dragueurs de mines, basés au Golf Juan, un groupe de vedette lance-torpilles américaines, 4 escorteurs de type P.C. et 8 chasseurs de sous-marins.

Au point de vue naval, les dangers étaient les mines dérivantes, dont le nombre croissait d’une façon inquiétante. De plus, les courants marins venant du Golfe de Gènes et qui se dirigeaient vers les côte françaises amenaient les mines dans nos parages. (à suivre...)

http://pagesperso-orange.fr/france-coree/Mar_Lor/bul_810.htm#hourtin

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 4 Sep 2009 - 12:32


Caussade (Tarn et Garonne).
65 ans après, Marcel Amatruda se souvient

Vétéran de la campagne d'Italie du corps expéditionnaire français et l'un des derniers survivants tarn-et-garonnais du débarquement de Provence du 15 août 1944, Marcel Amatruda, âgé aujourd'hui de 87 ans, conserve précieusement le souvenir de ces événements qui ont marqué sa vie.

Cette vie qu'il a consignée dans sept albums de sa naissance à aujourd'hui, abondamment illustrés de photos, coupures de presse et de commentaires personnels. Conçu comme un journal de route, c'est dans l'album allant de 1944 à 1962 que l'on retrouve son récit du débarquement de Provence. Le 8 août 1944, il embarque à Tarente, port de guerre italien. Le 15 août, le commandant Gassiat déclare: «Mes enfants, voici la France devant nous. Nous allons nous battre à nouveau.»

Dans la barge qui se dirige vers la plage, Marcel Amatruda entend les armes automatiques allemandes tirer de l'autre côté de la baie. Puis, il atteint le village de Cogolin sous un énorme feu d'artifice mortel. Commandé par le général Delattre de Tassigny, sa division de voltigeurs est à la pointe du combat.

De poste en poste, de carrefour en carrefour, sous les fusées éclairantes et les tirs d'obus, sa compagnie progresse.

Le 21 août vers 11 h 30, près du fort du Pipaudan, un choc violent lui soulève la jambe gauche, son soulier est arraché et un engourdissement saisit son bras droit. «Ma manche est ensanglantée, je vais mourir, c'est sûr», pense à ce moment Marcel Amatruda.

Soigné par le médecin du village du Beausset qui pense devoir lui couper le pied, il se réveille vers 16 heures. Une jeune femme lui dit: «Rassurez-vous, il ne vous a pas coupé le pied.» Une course interminable en pleine nuit dans un véhicule sanitaire en compagnie de trois autres blessés, le ramène vers Cuers.

600 blessés comme lui seront embarqués sur le Shamrok, un navire hôpital américain qui les emmènera à Oran.


sources LA DEPECHE.fr


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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Dim 13 Sep 2009 - 11:29

Débarquement à Cavalaire et franchissement du Gapeau:
http://1dfl.francaislibres.net/jmbm21html.html

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Sam 24 Oct 2009 - 4:37

Libération de Draguignan:

http://www.memoires-vives.mode83.net/page_dracenie/dracenie_r_05.htm

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 4 Mai 2010 - 11:57

Dans la journée du 15 août il y a des avions par milliers au- dessus de nos têtes, ils partent en direction de la France. Après le repas du soir, ordre est donné de préparer notre paquetage et de rester en alerte. Vers 23 heures des filets sont déployés le long de la coque. Le convoi est en "allure lente. Minuit "stop" et débarquement le long des filets dans les tankers ( barges de débarquement à fond plat, appelées ainsi car on pouvait y mettre un char ) venus s'accoupler au navire. Celle dans laquelle je descends porte une auto mitrailleuse. Sitôt plein, direction la côte dans le noir. Seule l'équipe du tanker doit avoir ses points de repères. Un choc, une glissade, nous voilà sur la plage. De chaque côté d'autres tankers viennent s'échouer. Nous débarquons à pied sec.

Il y a déjà beaucoup de monde et les nombreux bateaux mouillés ne cessent de débarquer.

Quelques lampes s'allument. Des gens moitié civils, moitié militaires s'approchent de notre lieutenant, sans doute pour donner quelques directives; direction la route de Nice nous dit-on. Nous avancions lentement parmi les gravats des villas écroulées par les bombes distribuées généreusement par l'aviation alliée. Nous avons été débarqués sur la plage de Sainte -Maxime. Les zones minées ont été délimitées.

Nous ne rencontrons aucune résistance. L'ennemi ne semble plus être là. Il ya beaucoup de matériel allemand abandonné.

Après 14 ou 15 kilomètres (difficile d'évaluer), des camions américains nous prennent en charge alors que nous entendons quelques tirs de mitraillettes. Ils nous déposent sur la route de Saint-Tropez. Débarquement et ravitaillement, déploiement des tentes; une pour 2 hommes, repos. On apprend alors que des troupes alliées se trouvent dans le massif des maures. Des allemands sont retranchés au sanatorium de Cogolin donc pas très loin de notre bivouac. Après 2 jours d'attente, Cogolin a été pris par le Nord et le Sud. Par petites étapes notre groupe prend la route de Bormes- les- Mimosas avec quelques petites escarmouches.

Dans les villages il y a peu d'habitants pour nous accueillir. Il n'y a pas d'enthousiasme. Peut-être parce que nous ne sommes pas les premiers à passer.

Un autre groupe prend la direction du Lavandou par la côte. Quelques allemands; il n'y en a plus beaucoup; essayent de retarder le plus possible notre avance, par des tirs de mitrailleuses placées aux fenêtres des maisons abandonnées, mais sans succès. Il y a beaucoup de reddition. Peut-être des volontaires laissés sur place pour retarder l'avance mais qui abandonnent vu l'importance des troupes débarquées.

Par petites étapes à pied ou en véhicule, nous arrivons à Toulon le 26 août dans l' après-midi il me semble. La ville était assiégée depuis 3 jours. Les derniers habitants se sont réfugiés au Mont Faron. Notre groupe est chargé de rentrer par le quai Cronstrad. Visions d'apocalypse. Indescriptible.! Sur le quai il y a un amoncellement de meubles qui dépasse le premier étage. Dans le port de nombreux bateaux sont coulés . Ils sont là depuis 1942. Nous faisons un arrêt près de la porte principale de l'arsenal. A l'intérieur des militaires français gardent des prisonniers allemands.
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 4 Mai 2010 - 12:02

Nous reprenons notre marche vers la place d'Armes et nous dirigeons vers l'ouest en longeant l'arsenal. A Bon Rencontre nous apprenons que des tabors qui ont pris la direction d'Ollioules combattent; Nous, nous nous dirigeons vers la Seyne-sur-Mer. Nous croisons des camions américains : G.M.C. qui transportent des prisonneirs allemands vers Toulon. On nous dit que ce sont des tchécoslovaques enrolés de force par les Allemands. En chemin nous sommes rejoints par d'autres unités et nous nous dirigeons alors vers Saint-Mandrier. Arrivés aux Sablettes, stop et demi tour pour notre groupe. Sur le chemin nous nous arrêtons à La Goubran, quartier ouest de Toulon.

Des baraques y ont été montées à la hâte et des prisonniers sont en train de poser des fils barbelés. Autrement dit ; ils s"enferment. Amusant!

Nous sommes appelés à un camp de prisonniers de La Goubran où les Tchèques enrolés d'office dans l'armér allemande se battent avec les allemands. Cette surveillance se fait également de jour comme de nuit.

Une autre surveillance nous incombe également, celle des prisonners allemands de corvée . Ils doivent remplir des sacs de sable qui servent à la protection des statues car il y a de temps en temps encore des avions allemands qui reviennent bombarder.

Au cours des rondes dans l'arsenal nous découvrons un important stock fait par les Allemands de bouteilles d'eau et de compote .Nous redistribuons la compote aux civils
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 11 Juin 2010 - 12:42

2ème CUIRASSIERS - Provence août 1944:

En Mer
(10-15 Août 1944)
Le 2ème Cuirassiers est en mer...
Les étraves des lourds L.S.T. fendent sans hâte les flots paisibles et bleus de la Méditerranée.
Les Capitaines Commandants ont lu à leurs Escadrons rassemblés, l'Ordre N° 32 du Colonel.
Les mêmes mots ont retenti sur chaque bâtiment, accueillis, sur chaque bâtiment, avec la même " Mission sacrée... "
"Aidez tout ce qui vous aide et vient à vous...
"Détruisez tout ce qui vous résiste..."
" N'oubliez jamais que vous vous battez sur le sol français"
Les côtes africaines défilent au loin, le long des L.S.T....
Impression étrange que celle de ne plus être qu'un tout petit rouage d'une prodigieuse machine enfin mise en branle, que rien ne peut plus arrêter dans sa marche lente, mais inexorable...
Quel symbole aussi, que cette marche de tous ces innombrables convois qui ont quitté les ports d'Afrique, ceux de Corse, ceux d'Italie, convergeant tous vers un même point ! Des plis secrets viennent d'être ouverts ; ils leur ont indiqué leur objectif...
La baie de St-Tropez... Souvenirs lointains de beaux jours de vacances... Vision de petites plages ensoleillées... St-Raphaël...St-Aygulf... Fréjus Plage... Ste-Maxime... Beauvallon... Quel décor imprévu pour une action de force !
N'oubliez jamais que vous vous battez sur le sol français...".
Sera-t-il possible de ne pas meurtrir ces sites riants, respirant si intensément la joie de vivre ?...
Quelle lourde responsabilité !...
Quel honneur, pourtant, que de faire partie de ce" Combat Command N° 1" qui, aux ordres du Général Sudre, sera le premier de l'Armée Française à fouler notre sol national, côte à côte avec ses frères d'armes du VIe Corps d'Armée Américain !
Honneur unique, dont il importe de se montrer digne...
"La France entière a les yeux fixés sur vous...".
Avoir la France pour juge... Quel magnifique stimulant ! Le 2ème Cuirassiers frémit de fierté... Il est prêt... Il est sûr de lui...
Il ne décevra pas... La nuit s'étend sur les flots, s'intégrant de plus en plus dans leur surface immobile et silencieuse.

Premiers Pas sur le Chemin de la Revanche
(16 Août 1944)
Le rêve a pris corps. Le 2ème Cuirassiers a débarqué...
Les Escadrons s'échelonnent dans les bois, en bordure de la route qui monte de Ste-Maxime, vers Plan de la Tour.
Comment s'est effectué ce débarquement ? Très simplement, très prosaïquement...
L'ennemi, complètement surpris par les vagues d'assaut d'Infanterie et de Génie de plage du VIe Corps d'Armée Américain auquel le C.C.1 est rattaché, n'a réagi que très faiblement. Les L.S.T., portant les chars du 2ème Cuirassiers, ont pu déverser tranquillement leur chargement sur la plage de La Nartelle. Seuls, les canons de l'armada rassemblée dans la baie de St-Tropez, ceux du " Lorraine", du " Georges Leygues", de l'"Emile Bertin" et de tant d'autres navires battant notre Pavillon, fraternellement unis aux puissants bâtiments alliés, ont rompu le calme de cette magnifique nuit d'Août, annihilant les dernières batteries boches.
Ce fut même trop simple, à tel point que la réalité semble n'être qu'un rêve.
Il y a pourtant ce site merveilleux de notre côte d'Azur, ces premières acclamations des populations libérées.
"Si vous saviez comme nous vous attendions !"
Ces mots retentissent dix, cent, mille fois. Ils frappent cependant, et émeuvent sans lasser.
A 15 heures, le 2ème Cuirassiers est prêt. Ses chars, leurs pleins d'essence terminés, poussent aussitôt de l'avant.
Ils gravissent allègrement la pente des routes en lacets des Maures. Le col de Vignon est franchi, la Garde Frenet, les Maillons, sont rapidement traversés, et, à 16 heures 30 un Peloton du 4ème Escadron, Escadron Ardisson, fait son entrée dans Gonfaron au milieu d'une population délirante d'enthousiasme. Des coups de feu éclatent cependant quelque part, déjà loin derrière lui. Ce n'est rien! c'est tout simplement une petite résistance boche, située dans un bois, au Nord de la route, à 3 km de là. Elle se manifeste après avoir laissé passer les premiers éléments du Régiment.
Elle est rapidement cernée. L'ennemi se rend. Le 2ème Cuirassiers a ses premiers prisonniers ; un Officier, dix-sept hommes.
Demain, 17 Août, le 4ème Escadron aura son premier combat; demain, le 2ème Cuirassiers teintera pour la première fois, de son sang, la route glorieuse qui le conduira de la Méditerranée au Rhin.
Ce sera l'opération du Luc.
.

la suite ici:
http://www.chars-francais.net/new/index.php?option=com_content&task=view&id=603&Itemid=74
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Dim 13 Juin 2010 - 5:29

Ce dimanche, Tony Pettavino, fils d'un couple piémontais aux revenus modestes, a 14 ans. Français né à Monaco, il a été un des premiers à accueillir l'arrivée des soldats alliés. Une rencontre improvisée.

« J'étais posté à la frontière de Cap-d'Ail sur une pelouse fraîche, proche de la station Shell. Nous étions une poignée de gosses à guetter impatiemment l'arrivée des Libérateurs. Il était 14 heures quand des Jeep américaines ont pointé le bout de leur nez : là, je me suis réellement senti soulagé ! »

l'évocation de cette journée délicieuse, un regard malicieux parcourt le visage de cet ancien représentant des Français de Monaco à l'Assemblée des Français de l'Étranger. Ce banquier à la retraite se remémore, sans peine, tous les détails. « Les robustes soldats nous ont laissés danser sur les toits des Dodge, les camions de l'armée US. Les Américains étaient très sympas : ils nous ont distribué des chewing-gums ! »

À cette époque, l'adolescent, aîné de deux frères, habite rue de la Turbie, « au-dessus d'une ancienne fabrique de pâtes alimentaires ». Ce témoin d'une ère douloureuse n'est déjà plus insouciant : son âge de raison a volé en éclats malgré lui.

« Oui, j'ai frôlé la mort peu de jours avant la Libération, susurre-t-il avec des trémolos dans la voix. C'était le 6 août 1944, lors d'une explosion au parc de la Princesse Antoinette. Un chapiteau au toit orange, un réfectoire réservé aux enfants, avait été dressé par la municipalité à l'emplacement actuel des terrains de basket. Un avion allié, probablement un chasseur bombardier, avait lancé une bombe à dix mètres de nous ! Je m'étais brusquement couché à plat ventre. Il n'y a eu aucun blessé dans cet incident. » Ce pilonnage résultait d'une confusion au sein des Alliés.

Les déflagrations n'ont pourtant pas cessé. Les bouleversements qui suivirent le jour du 3 septembre 1944 laissent à l'écolier, en primaire chez les Frères des écoles chrétiennes, un goût amer. « Ce fut une drôle de guerre par la suite. Les Allemands étaient embusqués à la frontière italienne, dans la vallée de la Roya et de la Bevera. Ils tiraient sur la Côte à boulets rouges. » Le ton de la voix devient grave. Les mains tremblent d'effroi. « Les citoyens monégasques ont redouté les bombardements jusqu'en avril 1945 et la sanglante bataille de l'Authion (1), non loin du col de Tende : de nombreux enfants du pays, engagés volontairement dans la 3e RIA, y ont laissé leur peau...»

source: Monaco maville.Monaco-matin
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 18 Juin 2010 - 12:45

Ensuite le bataillon est envoyé dans le nord de Rome pour se préparer à l’opération DRAGOON, le premier saut de combat dans le sud de la France.

« Le 15 août nous avons embarqués à bord des C-47 et avons volés en direction du Sud de la France où nous avons été parachuté environ 25km à l’intérieur des terres. J’avais 19 ans. J’étais anxieux mais très désireux de sauter. J’ai raté la Drop Zone de 30 mètres. J’ai atterrit dans un vignoble de raisin mais je ne me suis pas fait mal avec les fils. Certains hommes se sont fait mal.

Notre première mission était de nettoyer le secteur pour l’arriver des planeurs. »

Dick Field participa à la libération de Draguignan. Tout le 551st PIB fut impliqué dans cette libération.

« Les gens étaient heureux de ne plus être sous la botte des Allemands. Ils nous étreignaient, nous embrassaient et nous donnaient du vin. »

Le 20 août, le 551st PIB reprend l'assaut en suivant le bord de mer. Le bataillon sera stoppé par un fortin à La Napoule, ou Hill 105, contenant un canon de 105mm. Après un assaut de 24h, la voie est dégagée. Le bataillon compte une vingtaine d'homme de perdus. Le 24 août, le bataillon se dirige vers Cannes. Les hommes installent des positions de défense près de Mougin. Le 25, Cannes est libéré.

« A l’extérieur de Cannes, ma compagnie s’est retrouvée sous des forts tirs de l’artillerie. Beaucoup de parachutistes furent tués. »

Ensuite ce fut au tour de Nice le 30 août 44.

Après le succès de l’opération, le 551st servi comme troupe de montagne dans les Alpes Maritime le long de la frontière Franco-Italienne.

« Nous avons effectués plusieurs patrouilles dans les Alpes Maritime. Nous avions des avant-postes dans les montagnes. Et occasionnellement nous passions un Week-End agréable à Nice. »

Le bataillon fut relevé par la 100th Infantry Division le 17 novembre 1944.

Ensuite, le 551st fut assigné au XVIII Airborne Corps. Il fut envoyé à Laon dans le Nord de la France en train puis déplacé à Werbomont. Le Bataillon eu à peine le temps de se réapprovisionner que la bataille des Ardennes débute.

sources: http://www.usairborne.be/Biographie/bio_field.htm
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Sam 10 Juil 2010 - 11:17

A Marseille:



Dimanche 27 août 1944. 14h20.



Ma Lily. Je profite encore aujourd’hui de te faire parvenir de mes nouvelles par Aix où paraît-il tout est calme depuis plusieurs jours. Comme il n’en est pas de même ici, j’ignore quand la Poste fonctionnera à nouveau. C’est un employé de rocca qui est descendu en vélo de Luynes hier soir et qui va remonter dans une heure qui veut bien se charger d’essayer de faire parvenir ce mot.

Nous sommes toujours "bloqués" dans le couvent de la Visitation d’où nous suivons tant bien que mal les péripéties de la bataille pour les dernières positions tenues par les Fritz et leurs acolytes miliciens et P.P.F. qui des maisons particulières tirent aux carrefours sur de paisibles passants civils. Depuis avant-hier, les fonctionnaires et services publics ont reçu l’ordre de rejoindre leur poste. Mais il m’est impossible de bouger d’ici, le carrefour du boulevard Oddo étant infranchissable (…).

En ce moment (c’est une infirmière et un père blanc qui me le disaient tout à l’heure), des blessés agonisent sur le boulevard de Paris et personne ne peut approcher !! Hier après-midi, les Allemands ont fait évacuer tous les civils du secteur boulevard Oddo, rue de Lyon, Arenc (sous la fusillade et les obus). Aussi, depuis ce matin, les avions (qui depuis quelques jours ne bombardaient plus que le Frioul) ont refait leur apparition sur la ville et depuis deux heures, le Cap Janet et tous les environs sont soumis à un bombardement intensif par avions et artillerie. Le quartier de la Vierge-Perier-Vauban a durement souffert et a été "nettoyé" hier. Le boulevard Baille-Castellane également.

Nous espérons être bientôt débarrassés de ces dernières résistances, car maintenant on a l’air décidé à en finir. Ne t’inquiète pas pour moi ma Lily, je ne bouge pas d’ici tant que ce n’est pas tout fini. La nuit, nous restons à la cave que nous rejoignons dans la journée lorsque le danger se précise. En ce moment, je suis installé dans le jardin du couvent (sous les arcades à cause des éclats) et nous venons de finir de manger. Marcelle fait la vaisselle (sous les obus qui sifflent, c’est formidable ce qu’elle est calme) et Fernand fume la cigarette en lisant "Rouge Midi" et "La Marseillaise" qu’un jeune de la D.P. vient de nous apporter.

A bientôt, j’espère. Meilleures caresses à tous. Ton Freddy qui t’embrasse tendrement.

PS : ce matin, nous avons eu la messe dans la cave car… le bombardement redoublait à ce moment-là ! Elle était dite par un prêtre-ambulancier F.F.I. Le docteur d’ici (F.F.I.) est le fils Faibre d’Arcier et son frère (un père blanc) a été grièvement blessé hier en ramassant des blessés dans les rues !
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 22 Oct 2010 - 12:48

Alpha Red, Cavalaire-sur-Mer, 15 août 1944

Sgt. James P. Connor – 7th Inf. – 3rd Div. – Medal of Honor

La mission de sa Battle Patrol de 36 hommes est de débarquer sur Red Beach et de détruire des nids de mitrailleuses ennemis défendus par des snipers qui menacent les troupes de débarquement. Alors qu’ils posent le pied sur la plage, l’explosion d’une mine tue son lieutenant et blesse sérieusement Connor.
Sgt. Connor refuse tous soins et avec son Platoon Sergeant, ils dirigent leurs hommes à travers la plage minée sous une pluie d’armes automatiques et d’obus de 20mm. Le Platoon Sergeant est tué et Connor se retrouve en charge du groupe.

Ils progressent à présent sous les tirs de mortiers allemands et Connor est blessé une deuxième fois à l’épaule et dans le dos. Il continue a mener ses hommes et tue personnellement 2 snipers. Alors qu’ils arrivent près d’un lotissement d’immeubles, ils sont pris sous les tirs de snipers et de mitrailleuses et Connor est blessé une troisième fois; à la jambe.

Cette fois il ne peut plus se relever mais il continue malgré tout à donner des ordres et superviser l’assaut. La patrouille est à présent réduite à un tiers de son effectif initial de 36 hommes.

Ayant pris les tireurs allemands par surprise avec une telle furie, les hommes de Connor parviennent à prendre leurs objectifs, tuant 7 Allemands, prenant 40 prisonniers et détruisant 3 nids de mitrailleuses. L’action de Connor a permis de sauver de nombreuses vies américaines sur la plage en sécurisant la zone, sans interrompre les vagues successives de débarquement.

A 10:44, le Général O’Daniel et son staff débarquent sur Alpha Red. James P. Connor recevra la Medal of Honor pour son action à Cavalaire-sur-mer. Elle lui sera décernée en Allemagne en Mars 1945 et il est invité à la Maison Blanche par Harry Truman le 7 mai 1945. Connor quitte l’armée après la guerre et travaille pour la Veterans Administration jusqu à sa retraite en 1974.

James P. Connor est décédé le 27 juillet 1994.

sources: ww2-history
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 22 Oct 2010 - 12:52

Sgt Stanley Bender Medal of Honor Company E – 7th Infantry Regiment – 3rd Infantry Division

Le 15 aôut 1944, la 7th Regiment débarque à Cavalaire sur Mer. Avant de pouvoir remonter la vallée du Rhône, la 3rd Division doit tout d’abord sortir de la péninsule de St Tropez.
Le 17 aôut 1944, la E Company du 7th Regiment se trouve à 20 miles à l’intérieur des terres, près de la Londe. Les routes sont bonnes, mais la région est montagneuse et beaucoup de cours d’eau posent chaque fois leur lot de problemes.
A 1h50 de l’après-midi, le 2nd Bn, 7th Infantry arrive près de la Londe. Il y a trois ponts statégiques à prendre intacts. Si ces ponts sont détruits, l‘avance de la Division peut être ralentie de plusieurs jours.

Le Battalion apprend qu’un barrage routier allemand se trouve non loin. Soudain, un canon antichar ouvre le feu et démolit un des chars américains qui est en support du 7th Regiment. Lorsque les mitrailleuses allemandes entrent en action, les Américains se mettent à l’abri, à l’exception de Stanley Bender…
Bender grimpe sur le char détruit et scrute l’horizon afin de localiser les tirs ennemis. Il est complètement exposé et les balles ricochent sur la tourelle du char à ses pieds. Après deux minutes, il localise les positions allemandes qui se trouvent environ à 200 mètres et finit par descendre du char. Il rejoint ses hommes et ordonne à deux squads de le suivre.
Il mène ses hommes le long d’un fossé sous les tirs ennemis. Ils sont pris sous un orage d’acier et quatre GIs sont blessés.

Bender est bien devant les deux squads et les Allemands se mettent à lui lancer des grenades.
Il tient sa position et attend l’arrivée du reste des ses hommes. Puis Bender part tout seul à l’assaut et tente de prendre les positions ennemies à revers.
Il se retrouve derrières les positions allemandes et parcourt les 40 derniers mètres sous une pluie de tirs allemands et américains!
Il arrive à environ 25 mètres de la première position allemande. Les tireurs retournent leur MG et ouvrent le feu. Bender marche calmement à travers les tirs et arrive au bord la position allemande qu’il élimine.

Il arrive près du second nid de mitrailleuse sous les tirs de grenades et tue les servants. Il ordonne à ses hommes d’avancer vers lui puis il s’avance encore de 35 mètres pour aller tuer un tireur allemand. Il revient vers ses hommes et dirige l’attaque sur le reste du barrage routier.

Son héroisme a eu un tel impact que lors de l’assaut final, ses hommes se sont tous levés en même temps et on couru à l’assaut sur les positions ennemies en hurlant!

L’action de Stanley Bender permit de prendre les trois ponts intacts, d’entrer à La Londe et d’occuper des positions stratégiques sur les hauteurs de la ville.

Au cours de l‘attaque, 2 canons anti-char allemands seront détruits, 37 Allemands tués et 26 autres capturés.

On lui attribuera la Medal of Honor selon un General Order du 1er février 1945.

Stanley Bender est décédé le 22 juin 1994.

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Jeu 4 Nov 2010 - 11:27

André Meunier

En 1944, juste après le débarquement à La Valette et la libération de Toulon et Marseille, les blindés légers de son régiment, le Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc, sont envoyés en mission entre Aix-en-Provence et Le Perthus, pour montrer aux populations françaises et espagnoles que l’armée française est de retour.

Dans l’après-midi du 2 septembre 1944, après avoir traversé Nîmes et Lunel, les blindés font une pause sur la longue ligne droite longeant St Brès pour faire le plein et rectifier leurs tenues avant le défilé prévu à Montpellier. Les vendangeurs regardent, dubitatifs, les véhicules et les uniformes américains flanqués d’une étoile blanche et d'un étrange drapeau français qui se veut différent de celui de Vichy. Le jeune soldat Meunier a toutes les peines du monde à leur expliquer que son équipage est bien français composé d’un Lorrain, d’un Vosgien, d’un Bourguignon, d’un Oranais, d’un Sénégalais et de lui-même, le Poitevin.

André Meunier traverse Baillargues sans savoir que le destin l’y ramènera auprès de sa marraine de guerre, Henriette qu’il épousera et pour qui il créera la première auto-école dans le village. Le 4 septembre, chemin inverse avec bivouac à Lunel-Viel, pour le RICM qui rejoint les troupes qui l’ont devancé dans la vallée du Rhône et les Alpes pour poursuivre l’armée allemande.
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 17 Oct 2011 - 4:06

17-18-19 août 1944
Le 17 août, vers midi, le 5e Escadron quitte le Plan de la Tour et fait mouvement. Ordre lui a été donné de reconnaître l’itinéraire jusqu’à Gonfaron. Au cours de son déplacement, le 5e Escadron traverse les villages de La garde, Le Muy et de Fresnay sous la liesse populaire. A destination, un nouvel ordre arrive au PC du Capitaine André. Les éléments de cette Escadron doivent se rendre à Flassans afin de s’y regrouper entièrement et d’y stationner pour la nuit.

Le Capitaine André ordonne à l’Aspirant de Bellefon et son 3e Peloton d’accomplir une patrouille en direction de Flassans. A mi-chemin, le 3e Peloton prend un premier contact léger avec l’ennemi. La route étant ouverte, tout l’Escadron peut se porter à Flassans pour y cantonner.

Le 18 août, le 5e Escadron a pour mission de foncer sur Brignoles et de participer à la libération de la ville. Au moment du départ, le commandant de l’Escadron reçoit un contre-ordre : « Les Américains prennent l’attaque de la ville à leur compte. ». Changement d’objectif, l’Escadron doit partir pour Cabasse puis Carcès. A proximité de Carcès, aux abords du lac d’Otto, le 2e Peloton du Sous-lieutenant Schmidt tombe sur une colonne allemande. Les quatre automitrailleuses M8 ouvrent le feu avec leur canon de 37mm sur le convoi ennemi, et réussissent à détruire 8 camions, 2 canons de 88 Flak et 4 canons de 20mm. Pour leur baptême du feu, les cavaliers du 2e Peloton ont été exemplaires.

Tandis que, de son côté, le 1er Peloton du Lieutenant Brémon envoyé à Carcès, est menacé d’encerclement par l’ennemi en surnombre et supérieurement armé. Mais celui-ci, par une habile manœuvre, parvient rapidement à se dégager de ce guet-apens.

Ce même jour, le Capitaine André donne de nouveaux ordres aux différents pelotons. Le Peloton Schmidt (2e Peloton), en compagnie du Capitaine Fleet (officier de liaison américain du CC1), doit prendre contact avec les troupes américaines qui se battent encore dans Brignoles, opposées à une farouche résistance de l’ennemi.

Quant au Peloton Brémon (1er Peloton), il reconnaît Barjols, village fermement occupé par les allemands. Au cours de la journée, le Cavalier Charbonneau, lors d’une liaison entre unités, a le bras cassé suite à un accident de moto. Le 5e Escadron se regroupe à Le Val pour y passer la nuit.

3eme Régiment de Chasseurs d'Afrique

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 17 Oct 2011 - 4:07

Le 19 août, à 12h, les éléments disponibles de l’Escadron, en l’occurrence, le Peloton Tréhu, le PC de l’Escadron et les 3 automoteurs M8 Howitzer 75mm, sont mis à la disposition du Commandant de Beaufort, du 5e Régiment de Chasseurs d’Afrique, en vue d’une action commune sur Toulon *. Le Sous-lieutenant Gentien reste à la Garde Freinet pour accueillir les derniers éléments du 1er Escadron arrivant encore de la Nartelle.

Dans l’après-midi, le Lieutenant Tréhu et l’Aspirant de Marancourt poussent des patrouilles en direction de La Crau et Cuers. L’AM « Dugesclin » (1er Peloton), avec comme chef de voiture, le Maréchal des Logis chef Faudi, prend la tête du convoi, suivi de près, par les AM « Dupleix » et « Desaix », l’Aspirant de Marancourt, à bord de l’AM « Duguay-Trouin » ferme la marche. Le 1er Escadron passe la nuit à Pierrefeu.

De son côté, ce même jour, le 3e Peloton du 5e Escadron, aux ordres de l’Aspirant De Bellefon doit effectuer une patrouille sur Saint-Maximin. Après un bref accrochage, les AM font plusieurs prisonniers. Les allemands contre-attaquent et malgré l’ennemi omniprésent, le 3e Peloton arrive tant bien que mal, à se maintenir dans le village, arrivant même à détruire plusieurs véhicules chargés de troupes venant de la ville de Brignoles, tombée aux mains des Américains.

Pendant ce temps, les autres éléments du 5e Escadron stationnent aux environs des mines de bauxite, au sud du lac d’Otto (Carcès) puis reconnaissent ce secteur. Le soir venu, l’ensemble de l’Escadron se regroupe au village de Méounes les Montrieux.

3eme Régiment de Chasseurs d'Afrique


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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 28 Nov 2011 - 3:28

En 1944, Xavier et sa mère Marthe sont réfugiés dans leur maison du domaine de la Nartelle. Dans un vallon qui domine la mer. Xavier a aménagé un abri en cas de bombardement en contrebas de la maison.

Mais, ce matin du 15 août 1944, le tir d'obus destiné à anéantir les défenses allemandes tombe sur leur maison. Mère et fils s'enfuient, tentent de s'abriter derrière une butte de terre et sont ensevelis par un obus tombé à quelques mètres d'eux.

Ils se sortent du trou recouvert de terre

Ne comptant que sur leur courage, ils se sortent du trou recouvert de terre et se réfugient dans l'abri. Là, des soldats américains viendront les secourir, les soigner puis les évacuer vers l'Italie, dans un bateau médical.

Durant leur calvaire, ils passeront des heures dans un poste de secours aménagé sur la plage. Le jeune Xavier est blessé au bras, à l'épaule et à la hanche. Sa mère au bras et au pied.

Le bateau américain les emmène vers Naples. Où ils sont opérés plusieurs fois et soignés.

Leur calvaire continue lorsqu'ils tentent de rejoindre la France... Mais trouvera une issue heureuse dans un bateau américain qui fera escale à Sainte-Maxime, fin septembre. Là Xavier retrouve son père. Son père et sa mère, heureux et se sentant miraculés, érigeront la chapelle de la Nartelle.


Var-Matin mai 2009
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 6 Jan 2012 - 11:20

l'aube du 15 août, une brume marine très dense nous empêchait de voir les côtes de France, d'ailleurs nous ne savions pas à quelle distance nous en étions. Et dans ce brouillard nous nous retrouvions une armada de bateaux de tous genres (on a su par la suite qu'il y en avait 1200). Les heures passaient en même temps que la brume se dispersait, sans toutefois nous laisser voir la France et nous nous demandions quand nous allions débarquer.

Le bruit des bombardements et de l'artillerie de marine nous laissait présager un débarquement difficile. Le croiseur « Emile Bertin » qui était sur notre arrière envoyait sans arrêt trois coups par l'avant et trois coups par l'arrière. En fait il y avait un problème dans notre secteur. En raison de batteries allemandes souterraines dans les rochers de Saint-Raphaël et que ni l'aviation U.S. ni la marine n'arrivaient à faire taire, nous constations que nous dérivions vers l'ouest avec d'autres bateaux.

Toute la journée du 15 août s'est passée dans l'incertitude et l'attente. Nous savions que la France était là, à quelques kilomètres, mais avec le déluge de feu qu'elle devait recevoir, nous commencions à penser qu'ainsi notre débarquement serait rendu plus facile.

Enfin, le 16 août à l'aube, le 1er Combat Command débarquait sur la plage de La Nartelle - Sainte-Maxime par les pontons métalliques que tous les L.M.T. portaient latéralement à leurs coques. Rapidement et sans problème, nous nous retrouvions sur la place de Sainte-Maxime pour « déwaterproofer » nos engins.

La population très accueillante embrasse tout le monde, croyant avoir affaire à des Américains avec nos couronnes et nos étoiles blanches des unités de débarquement U.S. (et aussi avec nos Marocains qu'elle prend pour des Noirs-Américains).

Nous distribuons cigarettes et vivres que nous avions piqués sur le bateau avant de débarquer, parce que nous avions appris que le commandant les réservait pour les prisonniers allemands.

L'ordre de dégagement est rapidement donné et nous allons nous mettre à l'abri dans les taillis de Plan de la Tour. Nous sommes étonnés de la facilité du déroulement des opérations: pas d'aviation ennemie, pas d'accrochage.

En début d'après-midi nous repartons. 15000 parachutistes texans ont été largués devant nous à une quinzaine de kilomètres pour empêcher toute arrivée allemande.

La jonction est faite du côté de La Garde-Freinet. Le soir nous sommes devant Gonfaron. Nous y passons notre première nuit couchés à même le sol.

Le 88/2 suit l'ordre de marche du C.C.1 et l'on attend que l'escadron de reconnaissance fasse appel à nos compétences si besoin est. Nous progressons sur Flassans, Carcès, Le Val et Bras. C'est dans l'après-midi du troisième jour que nous recevons des brassards tricolores. Il n'y aura dès lors plus de confusion.

Nous souffrons des yeux à cause de la poussière de bauxite que soulèvent les chenilles. Et puis arriva Saint-Maximin avec un accrochage.

Le 19 à la tombée de la nuit nous apprenons que des chars de la 9e Panzer qui essayaient de rejoindre Toulon avaient été détruits par l'aviation U.S.

Nous sommes passés à leur place entre Tourves et La Roquebrussanne. Dans ce dernier village - dont j'ignorais encore le nom et où les rues avaient la largeur d'un char - je me souviens avoir interpellé un habitant qui entrebâillait ses volets pour voir ce qui se passait et qui était paralysé de peur en voyant dans la nuit les têtes hirsutes et poussiéreuses que nous avions. Quand, après avoir repris ses esprits, il me donna le nom de son village, je pus me repérer sur ma carte.

Nous pensions qu'après avoir foncé vers le nord nous allions sur l'arrière de Toulon. Mais le 20 août au matin, du côté de Méounes, la nouvelle courait que Toulon allait capituler. Alors les ordres nous envoyèrent sur l'ouest, le village de Signes, puis Le Camp, Cuges-les-Pins. Les obus incendiaires avaient mis le feu aux forêts de pins, et parfois, il fallait mettre les masques.

L' ouest c'était pour nous le Rhône. Et parfois aux Français qui s'étonnaient de notre matériel, nous disions: « Attendez, vous allez voir ce qui arrive derrière! ». Pour nous c'étaient nos énormes camions de pontage, avec le rêve de lancer un pont sur le Rhône. Nos ponts de manœuvres en Algérie, c' était de la bricole, même à l'embouchure du Chélif, tandis qu'un pont sur le Rhône pour des gars du génie ce serait l'apothéose...Oui, mais quand j'ai été rapatrié, j'ai su que le pont n'avait pas quitté Oran!

Vers 16 ou 17 heures de ce 20 août, j'ai reçu l'ordre de me porter en avant auprès de l'escadron de reconnaissance pour dégager un obstacle explosif sur la route d'entrée d'Aubagne. Le convoi était rangé sous les platanes de bordure. Au milieu de la route, je regardais à la jumelle de quoi il pouvait s'agir quand un capitaine de zouaves me dit de reculer mon engin car il y avait des tirs de mortiers. Je fais passer l'ordre au chauffeur. Et subitement nous sommes pris justement par un tir de plusieurs obus. L'un d'eux tombe à deux mètres de moi: une vraie locomotive qui nous tombe dessus ! Mon caporal marocain qui se trouve entre le point d'impact et moi, est éventré et je revois toujours son regard, le mitrailleur de la tourelle a la poitrine ouverte, alors que dans le même temps le souffle des éclats m'envoie en contrebas de la route...

Guy Chappelet
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 6 Jan 2012 - 11:23

Suite:

Je suis couvert de sang mais je ne sais pas encore si c'est le mien ou celui des autres.

Immédiatement les secours arrivent et mon chef de section est auprès des blessés. Voyant que je ne peux pas me relever, avec l'aide des infirmiers accourus, ils arrachent mon pantalon et, constatant que le sang jaillit du genou, me font un garrot et immobilisent la jambe. Un half-track sanitaire m'évacuera avec trois autres blessés sur une infirmerie de campagne à quelques kilomètres en arrière.

Je crois me souvenir que sur les onze membres de l'équipage, il ne restait que quatre hommes valides, les autres étant morts ou blessés. Notre engin était une véritable bombe roulante avec une tonne de mines antichars, des charges allongées, bungalores et munitions, 800 litres de mélange incendiaire pour les deux lance-flammes. Un vrai miracle, c'est ce que je disais aux brancardiers, si on n'avait pas reculé de quelques mètres, mais eux ne pouvaient savoir ce que je voulais dire.

Nous étions prévenus que les collines environnantes étaient tenues par des F.F.I. pour assurer la protection des convois.

À cette heure-là en fait, c'étaient les Allemands qui tenaient les hauteurs. Je me souviens de la séance dans le camion de l'infirmerie de campagne où, allongé sur la table d'opération, le médecin-capitaine Bénichou voulait que je lui rende mon « colt », alors que je refusais. On parlementa. Je croyais que j'allais reprendre ma place, je me faisais des illusions, le médecin et ses hommes savaient qu'avec un genou brisé, la guerre était finie pour moi.

Après une nuit sous tente sanitaire, je suis évacué par ambulance. Les deux chaufferettes me reconnaissent. Je refais en sens inverse la route des jours précédents. Nous roulons à moitié sur la chaussée et sur l'accotement et je dois plaquer mes mains au plafond pour que les secousses ne me fassent pas trop souffrir. Par les vitres arrière je vois que l'on croise les G.M.C. chargés de « brèles » (2) et des Marocains de l'artillerie de montagne qui arrivent d'Italie. Vers midi nous arrivons à Cuers-Pierrefeu où venait de s'installer, près de la gare, un hôpital de campagne des troupes d'Italie.

Je suis classé en première urgence. Il y a des blessés français et allemands. Il se dit que l'infirmière-chef est l'épouse du général Juin, je n'en aurai pas confirmation, mais je me souviens toujours de ses piqûres anti-gangrène, avec une seringue énorme et un liquide coagulant, de sorte qu'elle devait s'y prendre à plusieurs reprises. Je suis opéré vers les 1 ou 2 heures du matin.

Le 22 août, je me suis retrouvé sous une tente dortoir et dans une coque en plâtre allant des épaules aux pieds, seule la jambe intacte était libre. Mon réveil fut assez désagréable, je croyais que l'on m'avait coupé une jambe. J'ai retrouvé par la suite dans mes papiers militaires le nom du jeune chirurgien des troupes d'Italie qui m'avait opéré: le Dr Molandre. Je lui dois un sacré remerciement car il a sauvé mon genou et son intervention a souvent fait l'admiration d'autres toubibs.

La population de Cuers venait rendre visite aux blessés, mais les souvenirs sont vagues car nous fonctionnions à la morphine opium. Cependant il y avait toujours des tirs de canons que je pensais proches. Quelques heures plus tard, ce même 22 août, j'étais évacué sur le bord de mer, en un lieu qui devait s'appeler Beauvallon, ou quelque chose d'approchant, un hôtel où à tous les étages il y avait des blessés de toutes nationalités. Ce fut l'espace d'une nuit.

Le lendemain matin nous étions chargés sur des barges et transbordés en haute mer sur le navire-hôpital « John L. Clean ». La destination était Naples ou Oran. Ce fut Oran.

Guy Chappelet
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mar 27 Mar 2012 - 12:43

Operation Dragoon

Col. William J. "Wild Bill" BOYLE
Commanding Officer - 1st Bn - 517th PIR

4 heures 30 du matin, 15 aout 1944.

Lt Col William J "Wild Bill" Boyle observe le brouillard qui couvre le sol de France par la porte du C-47 qui se trouve parmi les 50 avions qui transportent son 1/517 Parachute Infantry.

La lumière verte s'allume et Boyle pense encore être au dessus de la méditerranée.

Il saute cependant, surpris de voir très peu d'avions dans le ciel et atterrit en douceur.
Il retrouve une demi douzaine de troopers et des Français qui le renseignent sur la direction des Arcs.
Il investit la ville avec environ 40 hommes.

Charlie Keen Medic B Co: "Alors que nous entrons dans Les Arcs j'aperçois un vieil homme habillé avec un uniforme de la Légion étrangère! Il a la poitrine couverte de rubans de médailles et nous fait des signes du bras en criant "Suicide, Suicide"...
On entre dans le village et soudain à ce moment, sorti de nulle part, apparait le Major Boyle!
Il prend le commandement de notre groupe..."

Alors que Boyle avance vers son objectif, la ligne de chemin de fer, il tombe sur une force conséquente de plus de 400 allemands. Il bat en retraite et se retranche aux Arcs.
A un contre 10, Boyle tient les Arcs durant un jour et demi.
Mais des snipers allemands s'infiltrent partout et les pertes augmentent.
Boyle se résout à évacuer ses forces.
Il positionne deux hommes avec des BAR pour couvrir sa retraite.
Il insiste pour qu'aucun blessés ne soit laissé en arrière.
Il arpente lui même les arrières sous le feu de l'ennemi pendant que ses hommes évacuent un par un en rampant.
Portant les blessés, la petite troupe se glisse toute la journée entre différents groupes d'Allemands.
Toute la journée sous le feu nourri de ses ennemis, Boyle conduit sa petite troupe hors de l'encerclement Allemand.

En Provence, Boyle renvoie un de ses officiers pour incompétence. LE XO du régiment l'appelle pour lui demander de réintégrer l'officier. Boyle répond : "Je préfère descendre ce "Son of a bitch" plutôt que perdre des hommes à cause de son incompétence..."
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kaa

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MessageSujet: Une semaine en Provence...   Jeu 26 Juil 2012 - 8:06

Bonjour,
je prends l 'opportunité de ce forum pour livrer  le témoignage que j 'ai recueilli , par bribes il faut le dire, de mon père. Il était caporal , 9 ème compagnie du 7 ème RTA, capitaine Chevau (ou Cheveau), probablement donc 3 ème bataillon. Le récit ne prendra que quelques lignes, fait de quelques anecdotes discontinues dans le temps, que j'ai remises dans l'ordre chronologique et  le combat (qui est celui d 'une vie, voire de plusieurs: c 'est une autre histoire) qui clôt ce petit texte n 'a été que le prélude à une journée d 'affrontements très durs qui eux-mêmes ne sont mentionnés que de façon lapidaire dans un livre  que je possède sur la libération de Marseille. Qui elle-même n 'occupe en général qu'un petit paragraphe dans les oeuvres dédiées à la seconde guerre mondiale. Cela m' a absolument convaincu que les  hommes ne peuvent que se deviner entre les lignes des livres  d 'histoire.
Tout ce que je vais relater, je l 'ai entendu de mes propres oreilles. Peut-être certain lecteur apportera  un éclaircissement sur une incohérence du récit ou saura combler, par sa connaissance des faits, les trous qui jalonnent le récit. Et c 'est tant mieux.

Partie de Tarente quelques jours plus tôt, la force dont fait partie le caporal A. débarque à  Cavalaire [Saint-Tropez] le 16 août en fin d 'après midi . Les côtes françaises en vue, une alerte aérienne a  lieu et c 'est un concert de sirènes , de fumigènes et de tirs de DCA. Nous sommes sur un transport de troupes américain et séparés des cadres européens. Les raisons invoquées sont d'ordre culturel et alimentaire (sourire un peu sceptique de mon père). Les unités seront reformées une fois à terre; on se connait peu entre éléments du groupe de combat, récemment réorganisé après la campagne d 'Italie. Les rapports entre la troupe,majoritairement "musulmane", et les gradés "européens" sont bons. Une camaraderie de combat. D 'ailleurs, mieux vaut ne pas se créer d 'inimitié trop profonde: dans le feu de l 'action, une balle ne connait pas toujours la nationalité de sa cible.
A la vue des côtes de France, les hommes ont été pris d 'émotion et des larmes ont été parfois versées.
Une fois à terre et rassemblés , les hommes sont embarqués dans des camions. L 'équipement individuel est minimal. On va combattre léger. Arme, munitions, musette.Pas ou peu d 'effets personnels: un portefeuille, quelques papiers, des photos et une montre bon marché achetée en Algérie avant le départ pour l 'Italie . Et rien à manger ou presque: la perception des rations américaines se fera de façon très irrégulière pendant cette semaine de marche: On se contentera souvent des figues sèches dans les poches.[ En fait non, les figues sèches c 'était lors de l 'instruction à Blida...mais la pénurie de rations est confirmée] S 'ensuivent les jours de progression vers Marseille, le contournement de Toulon par l 'arrière-pays, parfois motorisés mais  à pied aussi. Ces jours-là ne provoquent aucun commentaire, aucune anecdote de la part de mon père et si on rencontre des Allemands, c 'est qu'ils sont se déjà rendus.[ lors de la  traversée de Collobrières, les habitants ont offert des bouteilles de vin aux soldats.]

Au Camp-du-Castellet, c 'est le premier contact avec l 'ennemi (le 20 août dans l 'après-midi) . On est sous le feu . Au cours de la progression, un Allemand se révèle , bras en l 'air ou  chiffon blanc à la main. Deux  camarades se découvrent pour recueillir le déserteur, une fusillade  les cloue au sol. On réplique sur l' origine des tirs et le caporal A. abat l 'homme. Reproches de son chef de section. Protestations en retour: c 'était dans le feu de l'action...et puis ça sentait son piège, non ? [cet épisode prend place plus tôt en fait, et pas au Camp: le lendemain ou surlendemain de leur débarquement, les tirailleurs avançant sur une route sont pris sous le feu de tireurs allemands et s'éparpillent de part et d 'autre de la route. L 'Allemand qui se rend n 'a pas de chiffon blanc mais tient son fusil en l 'air à bout de bras.]
Une journée qui passe et on se retrouve à Aubagne. Le groupe de combat est commandé par le sergent C. , le caporal A. est son adjoint. Le courant est bien passé entre les deux hommes. L 'entente est bonne. Le bataillon traverse le Garlaban, guidé par les résistants locaux et débouche  sur Allauch en fin de journée. Les Allemands ont déguerpi et on installe le bivouac dans la carrière qui grignote la colline de Notre-Dame-du-Château. Le sergent C. évoquera, cinquante ans plus tard, cette traversée sur un mode comique: on avait perçu des rations américaines, enfin! et les hommes s 'étaient surchargés de cartons et de conserves  en prévision de la disette à venir...la dure marche en montagne sous le soleil d 'été a vite anéanti  leur espoir: au fur et à mesure, on s 'est allégé de tout le superflu, les boites et les paquets on volé en l 'air à la grande joie des maquisards qui récupéraient au passage des trésors de gourmandises dont ils avaient été privés depuis des années, voire dont ils ne soupçonnaient  pas l 'existence. Mon père, quant à lui,se souvient d'un épisode plus dramatique. Un très jeune soldat de la section ("un très gentil garçon") commet une imprudence fatale: à la reprise de la progression après une pause, encore accroupi, il récupère son fusil, qu'il avait adossé à un arbuste ou un buisson,en l 'attrapant par le canon. La détente est probablement accrochée par un branchage et le coup part,lui traversant la tête. Il est tué sur le coup et un tirailleur debout derrière lui est blessé [Tirailleur Djali. http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m00523cc88da600f ]

Le soir tombe sur Allauch. Des décennies plus tard, le sergent C. interpellera mon père sur une voiture allemande qui passe en contrebas et qu'on tente d 'allumer au FM... sans succès.

Mardi 22 août:  très tôt , la troupe se met en route. Cette fois c 'est Marseille et on est conscient de s'affronter à du dur. Des consignes strictes sont données: deux grenades défensives seulement par homme, à n 'utiliser que pour se dégager d 'un danger mortel. C'est que désormais on va avoir à combattre dans des zones habitées et il s 'agît de ne pas  tuer des civils . On traverse le hameau de La Pounche. Le boulanger offre sa fournée encore chaude aux soldats qui passent et vont se battre. ] l 'épisode du pain chaud se déroule non pas àla Pounche mais un peu plus loin, à l 'entrée du "village" des Olives.]
On est aux Olives, maintenant véritablement en terrain adverse.On progresse prudemment à travers les jardins qui entourent  pavillons et  cabanons. Les habitants indiquent la présence proche d 'une forte position défensive allemande. Le groupe C., en tête de la section, cherche le contact et  investit un terrain en pente . [Actuelle traverse des Partisans] Après avoir quitté l 'abri d 'un muret , le tirailleur  de pointe  s 'arrête : plus haut, un guetteur ennemi , accroupi , le fusil entre les jambes, à moitié masqué par un buisson, et qui n 'a rien vu venir. Sur l'ordre de son sergent,  A.  abat l 'Allemand de sa carabine. La riposte est immédiate et extrêmement violente. Une pluie de grenades à manche lancées de positions camouflées situées sur une hauteur anéantit le groupe C. en quelques instants. Tous les tirailleurs, sauf A., sont tués ou blessés. Ceux qui le peuvent encore se collent à l'abri du muret de pierre en contrebas. [Tirailleurs Benrabah, Mouzaoui, Abdallah. cf  mémoiredeshommes ]
Le FM a été abandonné sur le terrain par son servant et mon père se propose d 'aller le récupérer, à son adjudant chef de section,  qui est apparu, pistolet à la main. A la faveur d'une accalmie, il  grimpe à nouveau par-dessus la restanque et rampe en direction de l'arme. Au moment même où il l 'atteint, il aperçoit à quelque distance un groupe de soldats allemands à découvert. Ils  semblent chercher  à se replier dans la position fortifiée. A. met immédiatement le FM en batterie et ouvre le feu . Des hommes tombent et le reste est stoppé dans leur tentative de rejoindre leurs camarades. Ceux-ci d 'ailleurs ne restent pas inactifs et tentent de neutraliser le tir de FM par de nouvelles volées de grenades .  A. dispose de quelques chargeurs  peut-être récupérés avant de retourner chercher le FM ou bien retrouvés sur place et prie son chef de section de venir l 'approvisionner en munitions. Refus de l 'adjudant [ adjudant B.] qui l 'exhorte à quitter cette position trop exposée. Le combat ne dure probablement pas plus de quelques dizaines de minutes.Tirs du FM, éclatements nourris des grenades allemandes.
Une, finalement, fait mouche. A., aplati derrière le fusil-mitrailleur est criblé d 'éclats . Certains  l 'atteignent superficiellement, au ventre et à la jambe ( Ils sont toujours visibles) mais un éclat lui traverse la main droite de l 'auriculaire au pouce et plus grave, un autre pénètre dans l 'oeil droit et ressort par l 'oreille du même côté. Plus question de continuer à se battre, il roule et s 'affale derrière le muret . La conscience lui manque trop pour qu'il puisse avoir un souvenir précis de la façon dont il est pris en charge. Deux jeunes habitantes du coin , horrifiées par tout le sang, auront le cran de couper son pantalon et ses guêtres avec des ciseaux à la recherche de blessures.

A. reprendra conscience à l 'hôpital d 'Allauch . Geste machinal de sa main valide, il va chercher ses cigarettes sous l'oreiller. C 'est une infirmière qui lui en ramène, qu'elle est allée demander à un passant dans la rue. Il n 'a plus rien à lui et ne retrouvera aucun de ses maigres effets personnels.
Hôpital de campagne US, vers Aix, probablement. Intervention chirurgicale. Dans une grande tente commune, un blessé allemand geint sans interruption. Protestations de ceux qui ne peuvent pas trouver le repos: C 'est bien la peine de venir les démolir si on doit encore supporter leur jérémiades ! Une infirmière américaine intervient avec autorité et rétablit le silence au nom de la convention de Genève.
Retour à Marseille, séjour à  Michel Levy (Ambroise Paré ?). Puis embarquement pour l'Algérie sur un navire-hôpital américain. Sourire à l 'évocation d 'un goumier qui entreprend de vendre le fruit de ses rapines- bijoux, or- à une infirmière américaine qui décline l 'offre en disant qu'elle n 'a pas les moyens de s 'offrir de tels trésors, sans se douter qu'elle aurait pu les obtenir pour quelques billets verts.

A. a été cité à l 'ordre de la division avec attribution de la croix de guerre , palme et étoile. Viendra rapidement la médaille militaire et plus tard, la légion d 'honneur. Il ne retrouvera le sergent C. que très longtemps après la guerre. Des autres tirailleurs de son groupe, il n 'entendra plus jamais parler.


Dernière édition par kaa le Mar 8 Juil 2014 - 16:36, édité 9 fois (Raison : Précisions supplémentaires: noms, lieux.)
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Jeu 26 Juil 2012 - 9:53

affraid cheers Bonjour très belle histoire on en redemande par contre je pense qu il devais dire que le premier accrochage se situe je pense vers le carrefour du camp juste avant le descente pour CUGES les pins sur la D2 car il me semble qu'ils arriver de SIGNES
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Jeu 26 Juil 2012 - 13:12

bonjour

beau morceau d'histoire
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 27 Juil 2012 - 5:23

Merci pour ce témoignage.

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Ven 27 Juil 2012 - 8:03

merci beaucoup. Les combats de la Rose et des Olives sont peu décrits. Pour l'arrivée à Allauch, il y a une brochure éditée par la société historique d'Allauch avec quelques photographies de soldats du 7 RTA.
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   

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