étude des fortifications allemandes sur la côte méditerranéenne en France
 
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 Souvenirs des combattants en Provence...

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Lun 30 Juil 2012 - 5:02

Pendant cette traversée, nous ne savions pas du tout ou nous allions, ce n'est seulement qu'à la dernière heure en voyant les côtes que nous avons été réunis sur le pont et que nos officiers nous ont montré la côte en nous disant : nous sommes arrivés en France et, en l'occurrence, la plage de Cavalaire. Et tous en coeur nous avons entonné ce chant (j'en ai la chair de poule encore en y pensant) "CETTE BRUNETTE AUX YEUX DE PARADIS CA SENT SI BON LA FRANCE".

On nous a alors distribué une grande quantité de conserves, chewing-gum, chocolat, cigarettes en nous expliquant que les Français ne mangeaient pas toujours à leur faim et qu'il fallait que nous fassions cette distribution. Il y avait aussi beaucoup de pain de mie car c'était un équipage anglais qui nous faisaient la cuisine (vive la cuisine anglaise!!).

On nous avait jeté des filets en corde le long du bastingage pour nous faciliter la descente dans la mer. Le génie américain est venu avec de longues cordes qui étaient déjà ancrées sur la plage et nous avions attaché ces cordes à l'avant notre navire en prenant bien soin de les tendre pour éviter de s'enfoncer dans l'eau. Dans notre petite tente, nous avions fourré tout le pain de mie et aussi mon fusil et me voila à descendre dans la flotte. Quand je suis rentré dans la mer en me tenant à mon filin qui à mon avis n'était pas bien tendu, et bien j'ai perdu pieds en disant adieu mon pain de mie et un bon nettoyage pour mon arme.

Quand nous sommes arrivés sur la plage de Cavalaire le 16 août 44 vers les midi, il y avait déjà des trous creusés dans la plage, c'était des noirs américains qui les avaient creusés la veille, à leur arrivée pour s'abriter, car je pense qu'ils avaient subit une ou plusieurs attaques.

Nous avons aperçu un homme (un officier mais l'on distinguait mal ses galons) qui nous donnait des ordres. Nous avons su plus tard que cet officier se nommait Jean-Pierre AUMONT.

Des enfants en grand nombre sont venus vers nous en courant, et dans le même temps un mouchard allemand (un avion d'observation) s'est mis à nous balancer des grenades à main. Aussitôt nous avons plongé avec les gosses dans les trous, cela a duré une dizaine de minutes, nous sommes ressortis et les enfants se sont mis à nous embrasser comme des fous : c'était la première fois qu'ils voyaient des soldats français.

C'est à ce moment là que nous avons commencé la distribution, sauf naturellement le pain de mie qui fondait entre nos doigts dés que nous voulions le saisir.

Nous sommes restés jusqu'en fin d'après-midi puis nous nous sommes mis en marche sur le bas côté de la route en file indienne pour éviter de sauter sur les mines "antipersonnel". On appelait cela (excusez l'orthographe) "chaumines".

Nous avons pu passer la nuit dans un champ et le lendemain nous sommes arrivés à Saint-Tropez.

uelques jours après nous étions repartis en longeant la côte pour nous arrêter dans un petit village qui s'appelait LA LONDE LES MAURES, la nuit même nous avons essuyé un raid mais un raid de moustiques ! Heureusement que nous avions nos moustiquaires, mais ils réussissaient à s'infiltrer. C'est à partir de cet endroit que la vraie bagarre a commencé.



Avant l'entrée de Hyères il y avait un pont et dessous une rivière complètement à sec, sur l'autre versant de cette rivière assez haut perché, se trouvait un grand hôtel, je crois qu'il s'appelait "HOTEL DU GOLF" je pense que c'est ce nom, mais qui maintenant, d'après ce que j'ai entendu, n'existe plus. Nous avions libéré Hyères, mais cet hôtel était devenu le point de résistance des allemands qui tenaient toujours. Nous n'avions pu les déloger malgré toutes les attaques successives de la Division. Ils avaient des tireurs d'élites qui étaient postés sur le toit de l'hôtel qui dominait la route menant à Hyères. Ils allumaient tous ceux qui passaient à découvert nous étions souvent obligés de nous mettre à plat ventre dans nos half-tracks pour traverser cette zone dangereuse.

J'en fini avec cette histoire qui s'est malheureusement terminé avec de nombreux morts de part et d'autre. Un jour, les nôtres ont étés pris dans un piège mortel.
Je m'explique : lassés d'être harcelés par nos attaques à répétition "les schleus" avaient décidé de se rendre en levant le drapeau blanc. Ce jour là c'était les Sénégalais qui étaient en poste devant.

Tout heureux, ils se sont mis à descendre dans le lit de la rivière pour remonter vers l'hôtel, et une fois presque tout le monde en bas, les "schleus" se sont mis à tirer sans discontinuer faisant de nombreux morts : un véritable massacre ! Mais les noirs ne se sont pas dégonflés, ils ont continué et pris d'assaut l'hôtel et à ce moment là il n'était plus question de faire des prisonniers, ils y ont été au coupe-coupe.Avant de quitter Hyères, je voudrais remercier la famille HUMBERT dont la maman à cette époque, tenait un magasin en face de l'église et une de ses filles était devenue ma marraine de guerre, elles m'ont reçu avec beaucoup de gentillesse et d'amour, je faisais partie de la famille.

Nous avons quitté cette région pour remonter la vallée du Rhône il y avait très peu de résistance, les Allemands fuyaient ou se rendaient, nous ne savions plus ou les mettre.

Nous passons une nuit et une journée à St Etienne et nous rentrons à LYON par Franceville ou Francheville le haut, près de la demi-lune. Cette ville, où est né le Général BROSSET, a été en partie libérée par les FFI, nous leur avons donné un coup de main le long du Rhône dans la ville pour déloger quelques nids de résistance allemands qui étaient secondés par des miliciens.

Ensuite nous sommes remontés vers DIJON et BESANCON pour atterrir dans un petit village prés de LURE qui s'appelait MAGNY-VERNOIS

La 1ere DFL de Roland Busson
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mer 27 Nov 2013 - 4:42

Audie Murphy en Provence :

Le 15 août 1944, pendant l'opération Anvil Dragoon, son meilleur ami Lattie Tipton fut tué par un soldat allemand qui fit semblant de se rendre alors qu'il quittait sa position de mitrailleuse. De rage, Audie tua l'Allemand puis, occupant l'ancienne position du soldat, il détruisit d'autres positions allemandes proches ; il reçut pour cet acte la Distinguished Service Cross.

Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Audie_Murphy

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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Mer 27 Nov 2013 - 8:44

A noter un bel article sur Audie Murphy dans le magazine "ligne de front " numéro 46.

À plus tard.
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MessageSujet: Re: Souvenirs des combattants en Provence...   Jeu 2 Oct 2014 - 5:45

Plage du Dramont 15 Août 1944 :

Ma première expérience au combat a été le 15 aout 1944, lorsque je me retrouve dans un LCI en direction de Green Beach - Le Dramont - Sud de la France- Operation Dragoon.
Lors de l'entrainemement en Italie, j'avais eu 5 minutes de théorie en tant que "second man" sur les lances-flammes.

Alors que l'on approche de notre objectif, on m'annonce soudain que le team de lance-flamme est malade et indisponible alors je reçois l'honneur de débarquer avec un lance-fllamme !

En arrivant sur la plage sur je m'écroule sur mes genoux à cause du poids de l'engin.
Je lève la tête et voit des projections de pierres dans tous les sens au fond de la plage (Green Beach étant une plage de galets). Je me dis "Mon Dieu quelle horrible tombe!"

A cause du lance-flamme, je n'avais pas de fusil. Un officier s'approche et ouvre les vannes de l'engin et me dit de me diriger vers le bunker le plus proche.

Je traverse la route principale derrière la plage et je me souviens d'avoir vu un panneau routier "Agay"...

Devant moi, des GIs courent dans tous les sens dans deux carrières.
Dans les environs immédiats des carrières se trouvent 3 bunkers Allemands.
Sans me poser de questions, je m'approche du premier bunker, je m'accroupis et j'appuie sur la détente...
Je lance une salve de 20 secondes à l'intérieur...
Après 5 salves le lance-flammes était vide.

Je me débarrasse de l'engin et commence l'ascension de la colline qui surplombe les deux carrières.
Durant l'ascension, un feu nourri ennemi nous vise depuis une petite crique sur notre droite.
En réponse, toute l'armée américaine présente dans le secteur concentre leur feu sur eux!
Quel spectacle!

En arrivant en haut de la colline, j'avais à nouveau un fusil - je ne sais même pas comment je l'ai eu!

Le Staff Sgt Kelly a été le premier à avoir un souvenir ennemi. Un boche avait abandonné son ceinturon avec son P-38 dans son étui le long du sentier qui mène à une ferme en haut de la colline.

Arrivés à la ferme, on a la surprise de voir un Piper Cub d'observation atterrir dans le champ d'à côté.

La ferme est inoccupée; on en profite pour se servir de vin et de nourriture.

L/141 a passé plusieurs jours dans le secteur St. Raphael-Frejus, puis Draguignan pour des opérations de nettoyage de poches de résistance ennemies.

Avant de quitter Draguignan, je constate qu'un cimetière américain est en train de s'installer.

On en profite pour prendre un dernier bain dans le réservoir d'eau de la ville, puis des camions 6X6 de l'armée viennent nous chercher.

On se dirige vers le nord...

On traverse Grasse, Digne, Gap, et on se retrouve à Crest dans la Drôme.

A ce jour, je n'ai toujours pas compris ce qu'on foutait la...

Les Allemands voulaient évacuer la Vallée du Rhone et nous on les bloquait!





Paul Hinkle - L/141st Infantry Regiment

36th Infantry Division

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