étude des fortifications allemandes sur la côte méditerranéenne en France
 
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  Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944

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philmil

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MessageSujet: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Ven 22 Mar 2013 - 2:08

Bonjour,

Ci après la carte du crash d'un B26,appartenant au 17th bomb group 95th bomb squadron,basé en Sardaigne,puis en Corse en septembre 44.
Devise : "Toujours au danger".
Ce B26 était en mission de bombardement sur saint Mandrier,le 20 août 44,et a été très probablement touché par la flak. Impact situé entre le moteur et la carlingue.
La carte est très approximative.
Le rapport original fait 15 pages.








Voici la 1ere page du rapport






Selon témoignage,un seul parachute a été aperçu: les autres membres d’équipage,sont tous signalés MIA (Missing In Action)



PHILMIL
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MessageSujet: crash d'un B26   Ven 22 Mar 2013 - 12:44

Bonsoir à tous,
Ce B-26, serial 42-107735, a été touché par la Flak lors du survol de son objectif, les batteries de la presqu'île de Saint-Mandrier. Il s'est écrasé entre Toulon et La Garde, quartier de la Cressonnière, chemin de la Ressence, campagne le "clos vert", une maison de retraite de nos jours.
En fait, il y eu deux survivants qui avaient pu sauter en parachute: Moscovis, fait prisonnier par les allemands et McCluskey évacué par des résistants locaux. A noter que ce jour là 4 B-26 furent abattus par la flak dans la zone de Toulon.
Michel
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philmil

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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Ven 22 Mar 2013 - 13:32

Merci pour ces renseignements toujours precis !

La page avec Moscovis.







Philmil
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bornheim



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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Sam 23 Mar 2013 - 1:28

Bonjour

J'ai plongé sur l'épave d'un B-26 au large du cap Sicié. La visibilité n'était pas très bonne, l'épave est profond et les morceaux sont très éparpillés (il semble que l'avion ait explosé en vol).
Voici quelques images :









Bonne journée
Loïc
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philmil

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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Sam 23 Mar 2013 - 1:59

Question de neophyte : un numero de serie ,peut il se trouver sur un moteur(sur une plaque) ? Si oui,on pourrait rapprocher une epave et un rapport US.

SLT

Philmil
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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Sam 23 Mar 2013 - 2:27

Bonjour Philimil,

Je ne sais pas si le numéro de série trouvé sur un élément d'épave d'avion peut être rapproché avec un rapport de perte US mais je sais que pour l'épave du P 38 de Saint Ex, les numéros de série ont pu être rapprochés avec ceux du constructeur conservés dans une base de donnée papier ou virtuelle par l'US Air Force (?) et ont parmi d'identifier l'épave de façon certaine.

@+
Alain
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philmil

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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Sam 23 Mar 2013 - 3:23

Merci Alain ,


D’après les rapports US,on voit que tout avion a un numéro de série propre ,pareillement pour ses moteurs -voir rapport plus haut.
Ma question était : il y a t il une plaque ,avec le numéro de série moteur,directement installée sur les moteurs? J'ai egalement posé la question au "B26 Historical society" et est en attente de réponse.

De cette manière,on pourrait rapprocher un numéro série moteur et un rapport US et connaitre jour du crash et identités.

C'est le cas avec l’épave de la Seyne,de Bornheim,ou il semble ne rester que les moteurs.

SLT

Philmil

contact : B-26 Marauder Historical Society
3900 East Timrod Street, Tucson, Arizona 85711 USA
http://b-26mhs.org
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MessageSujet: Bombardier US B26 abattyu 20 août 1944   Sam 23 Mar 2013 - 4:11

Tout comme chaque avion US à un serial...chaque moteur a une plaque constructeur avec son numéro de série, sans oublier que chaque mitrailleuse a un numéro qui lui est propre. S'il est souvent difficile de trouver la plaque comportant le sérial de l'appareil, on trouve plus facilement les plaques-moteurs. En comparant avec les numéros mentionnés dans les MACR (serial, n° moteurs, n° mitrailleuses), on arrive à tout connaitre sur le ou les appareils.
Je joins à titre d'exemple la plaque d'un moteur de B-17 fabriqué par Studebaker.
Michel


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philmil

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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Mar 26 Mar 2013 - 11:47

Bonsoir,

Je viens de recevoir une réponse a ce sujet,de :


Andrew Boehly - Archivist

The Arizona Aerospace Foundation

Pima Air & Space Museum

6000 East Valencia Road

Tucson AZ 85756

(520) 574-0462 Main

(520) 618-4817 Direct

(520) 574-9238 Fax

www.pimaair.org


Qui me fait parvenir egalement 2 photos de la position de la plaque pour les numeros de serie.














Peut être lors d'une prochaine plongée,il sera possible de trouver ces plaques suivant indications...


SLT

Philmil



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bornheim



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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Mar 26 Mar 2013 - 12:14

Voici ce que j'ai trouvé sur cette épave :

Histoire du maraudeur B 26 (19 Août 1944)

L'histoire se déroule vers la fin des années soixante dix.

Depuis plus de quarante ans flotte sur le port de Saint-Elme le récit de la mauvaise fortune d'une forteresse volante abattue par la FLAK le 19 avril 1944 au dessus de Toulon et qui est venue s'abîmer en mer, derrière le cap Sicié, après avoir frôlé la crête des montagnes....

D'après les témoins de la scène, l'équipage aurait pû sauter en parachute au dessus de la forêt de Janas, à l'exception d'un homme qui aurait péri dans l'accident.

Toujours d'après les pêcheurs de Saint-Elme, cet équipage, exclusivement composé d'américains, aurait été fait prisonnier par les Allemands.

"Mickey", un des patrons pêcheurs de Saint-Elme, raconte même qu'il a amené sur les lieux du naufrage la famille de la victime après la fin des hostilités. Il affirme avoir plongé sur l'épave en compagnie de Marcel Dohm et de quelques pionniers de cette époque héroïque. Il la décrit par environ 36 mètres de fond, dans une eau troublée par les effluents de l'émissaire, avec l'aileron de queue bien dressé.

Notre curiosité naturelle taquinée par de tels propos nous amena illico à aller traîner nos palmes dans cette eau glauque et pestilentielle. Avec une visibilité dépassant rarement cinq ou six mètres nous avons donc écumé la quasi totalité de ce plan d'eau où se déverse les effluents de toute la région toulonnaise.

Malgré la présence sporadique de petit débris métalliques informes arrachés à la vase grisâtre, aucune de nos plongées face à l'émissaire ne nous fournira des élément corroborants les dires de Mickey.....

Ce ne fut que quand nous déplaçames nos recherches en direction du cap Vieux que nous commençâmes à découvrir des gisements métalliques plus consistants. Des fragments de plus en plus nombreux de tôles d'aluminium à moitié ensevelis dans cette vase impalpable qui tapisse et asphyxie le fond de la baie. Par endroits des fragments de boîtiers électriques laissaient encore émerger d'imposantes bobines de bakélite.

Nous évoluions alors sur des fonds d'environ trente mètres, survolant des mattes de posidonies rachitiques qui luttaient contre l'envasement. Les coups de vent d'est qui en hiver s'abattaient sur cette partie du rivage avaient creusé de larges vallées parmi les racines et celles ci servaient de récepteurs aux éléments plus denses que l'émissaire et les hommes abandonnaient négligemment.

Toutefois, au large du cap Vieux, alors que j'évoluais au dessus des mattes à l'affût de tous les indices qu'auraient pu emprisonner les rhizomes, l'éclat métallique d'un banc de sars attira mon attention.

Bien blottis dans un creux du substrat, de grandes feuilles d'aluminium se chevauchaient grossièrement laissant entre elles des vides plus sombres où tout un banc de sars avait apparemment élu domicile. Bien que rien ne pouvait véritablement rappeler un morceau d'avion, les dimensions de cette trouvaille ainsi que les bordures des tôles plus ou moins galbées laissaient penser aux élément d'un empennage rabattu sur lui même, façon château de cartes.

Les caisses de munitions encore pleines de balles de 12,7 mm montées sur des rubans métalliques jonchaient la matte et l'éclat de l'acier inox animait le site de reflets.

A une dizaine de mètres dans le sud de ces débris d'empennage s'arrêtait brusquement la matte. Ca provoquait une sorte de décrochement d'environ un mètre dans le relief. Apparemment les posidonies n'arrivaient pas à conquérir des profondeurs supérieures, certainement par rapport à la turbidité de l'eau liée aux courants qui souvent sont assez sensibles.

Une visite des abords où la vase s'étendait à perte de vue nous permit de rencontrer deux mitrailleuses jumelées encore garnies de fragments de verrière en plexiglas. Grâce à l'implantation de leur fixations il fut très facile de différentier la mitrailleuse de queue et celle située dans la tourelle dorsale. Les munitions, toujours engagées dans l'arme semblaient prêtes à reprendre du service.

Une seconde plongée fut nécessaire pour remonter un mitrailleuse jumelée ainsi qu'une caisse de munitions et ses projectiles.

Alors que la mitrailleuse, après un sérieux brossage nous révéla des numéros de série qui pourraient être utiles pour identifier l'appareil, ce qui nous étonna le plus fut l'état des canons de l'arme qui malgré une quarantaine d'années d'immersion conservaient toute la brillance de l'inox. Celle-ci tranchait avec la pièce ferreuses de la mitrailleuse où l'oxydation avait entamé depuis longtemps son processus.

Quant aux munitions, pour éviter un accident, j'avais pris la précaution de dessertir une à une toutes les balles des cartouches et les granulés de poudre furent extraits précautionneusement. Après séchage à l'air ils ressemblaient à des granulés de Totaliment. Je récoltais la totalité de cette substance explosive la remis en main propres à mon copain Momo, plongeur démineur afin qu'il rapporte l'ensemble auprès des services de la pyrotechnie. L'envie était pourtant trop forte de savoir si cette poudre possédait encore des capacités explosives aussi grâce à une munition retirée directement de la culasse de la mitrailleuse je procédais à ma petite expérience. Après avoir desserti la balle elle même et vidé les granulés sur une surface cimentée, j'attendis le séchage pour approcher une allumette. bien évidemment il ne se produisit aucune explosion car les granulés était à l'air libre mais une flamme un peu rousse embrasa le tas.

Même après quarante années d'immersion, cette poudre conservait tout ou partie de ses pouvoirs.

Au cours des plongées suivantes où nous avons commencé par parcourir le bord de la matte de posidonies sans résultat probant je me suis décidé à entamer une prospection vers le sud là où le fond vaseux semblait descendre régulièrement. Il me fallut atteindre les quarante mètres pour deviner la présence d'autres éléments disséminés sur le fond.

De l'Ouest vers l'Est, vers le quarante quatre mètres,à très peu de distance les uns des autres nous pouvions trouver un élément assez épais ressemblant à l'embase d'une aile, un moteur avec son hélice à quatre pâles qui s'était décoré avec le temps de nombreux filets de pêche. Un second fragment d'aile à la section plus fine, un second moteur avec son hélice hérissée de morceaux de filets, un troisième morceau d'aile qui malgré sa partie envasée profondément faisait penser à une extrémité.

Un peu plus dans l'Est, émergeant de la vase, un imposant cadre métallique contenant des bobinages électriques en porcelaine faisait penser à la radio du bord.

Légèrement plus au Sud, à une profondeur de quarante huit mètres se trouvait une partie du train d'atterrissage avec la roue et son pneu toujours gonflé.

Il fallait ensuite descendre jusqu'à une profondeur de cinquante six mètres pour trouver un gros fragment d'aile présentant de nombreuses similitudes avec l'emplanture d'aile décrite plus haut.(Probablement l'emplanture de l'autre aile ?)

Bien que la carlingue, le poste de pilotage, deux moteurs et le restant du train d'atterrissage manquaient à l'appel, chacun de nous s'est alors imaginé la triste fin de ce monstre volant tout comme il avait supputé sa trajectoire aérienne de l'arsenal de Toulon en passant par Janas et Notre Dame du Mai.

Chacun s'est concocté son petit film personnel et a "vu" la traînée de fumée s'échapper de la forteresse, celle-ci piquer du nez, les parachutes s'épanouir, l'avion ricocher sur l'eau en se pulvérisant sur la mer....

Débuta alors un patient travail de reconstitution du drame au niveau des archives laconiques (dans le langue de Goethe) de la marine.

Notre ami Christian, toujours mieux renseigné que ses camarades, a même réussi le tour de force de se faire communiquer les coordonnées en latitude et longitude de l'épave. Après vérification sur la carte nous sommes tombés en plein sur.....la base aéronavale de Cuers.

En partant des éléments en notre possession, j'ai tenté de faire l'inventaire de ce qu'il nous restait à découvrir au fond par comparaison avec les plans de B.17 fournis par Mimi : Il ne nous manque en gros que deux moteurs et la quasi totalité d'une aile, la carlingue et un dizaine de mitrailleuses ! Presque rien en somme !

Pourtant un détail m'intriguait depuis le début de ces découvertes: Les moteurs trouvés au fond possèdent des hélices à quatre pâles alors que sur toutes les photographies représentant des forteresses B.17 ils sont toujours équipés d'hélices à trois pâles....

Avec une logique toute maritime, j'en étais venu à estimer qu'il devait exister divers types d'hélices adaptées aux besoins et aux performances des appareils en fonction de leur charge.

Le jour où mon ami JPJ me contacta pour son livre sur les épaves des côtes Provençales, je lui fis tout naturellement l'inventaire de nos découvertes parmi lesquelles figurait en bonne place notre "forteresse"

Sa réponse ne se fit pas attendre: A sa connaissance il n'y a jamais eu de B.17 avec des hélices à quatre pâles !

Conclusion, soit notre avion est un prototype ,soit ce n'est pas un B.17 !

Quelques temps plus tard, JPJ qui lui aussi jouait au rat d'archives me fait parvenir un rapport circonstancié sur le naufrage d'un bombardier "devant la presqu'île de Saint-Mandrier" qui remit en question beaucoup d'idées reçues.

Il s'agit du récit de l'extraordinaire aventure d'un B.26 du groupe "Franche Comté".

Le B.26 est un bombardier bimoteur construit par la firme Martin à partir de 1939 sur la demande de l'armée américaine.

Il se caractérise par une grosse charge alaire (La charge alaire étant le rapport entre le poids de l'appareil et la surface de portance des ailes). Cette particularité conférait au B.26 une vitesse plus élevée que la normale mais également des difficultés accrues aux vitesses réduites (atterrissages, décrochages, etc.) pour le manoeuvrer.

Notre histoire se passe le 19 août 1944 :

A 9h 40, trois groupes de B.26 (Gascogne, Bretagne, Franche Comté) décollent par très beau temps de Villacrido, en Sardaigne.... L'objectif est la presqu'île de Saint-Mandrier, déja attaquée la veille, mais sans succès.

Pour défendre Toulon, la Flak (terme désignant l'ensemble des batteries antiaériennes allemandes) a installé un nombre impressionnant de batteries de "88" et de "105" redoutées des aviateurs alliés.

Deux canons de "340" installés dans des casemates bétonnées (Les anciens canons du cuirassé Provence qui avaient échappés au sabordage) que les Allemands avaient récupéré et placé sur des rails ainsi qu'une une rampe bétonnée débouchant sur la plage de Cavalas sont la cible de l'opération en cours.

Les bombardiers arrivent sur les côtes de France aux environs de la presqu'île de Giens, ils volent par 4000 mètres avec des bombes semi-perforantes de 500 kg.

Des "flocons noirs" apparaissent devant les premiers appareils. Le bombardement commence. Le deuxième groupe e bombardiers passe juste au dessus des tirs des artilleurs allemands mais le troisième se retrouve juste à l'altitude des éclatements...

Les appareils maintiennent leur route. Plus rien ne bouge.

La Flak se fait violente et plus précise aux abords de la presqu'île. Tous les appareils reçoivent des éclats. Ceux du groupe Bretagne rentreront aussi avec des traces multiples.

Au retour, un B.26 du Franche Comté se posera d'urgence à Calvi, avec un blessé à bord (le sergent mitrailleur Scollan).

Le éclats pleuvent aussi sur l'avion leader n°77 et font un bruit comparable à celui de la grêle. Une gerbe d'éclats vient le frapper à l'avant, provoquant un saut de l'appareil et de la fumée. L'un des éclats vient finir sa trajectoire sous la semelle du pilote....

"Ce n'est rien ! Ca se passera ! lui lance le copilote !"

Le bombardier largue ses bombes.

Le colonel Bouvard annonce alors au pilote que l'avion brûle. L'incendie s'est déclaré dans la soute à bombes. Un obus a traversé le poste radio et a pénétré dans le système de transfert d'essence. Mais un bombe est restée accrochée et risque d'exploser à tout instant. Il faut abandonner l'avion!

Le pilote amorce un brutal et rapide dégagement à gauche; le train est sorti. Les trois mitrailleurs sautent par les postes de tir latéraux, le bombardier par la trappe de la roulette avant, suivi du colonel Bouvard et du copilote.

Le capitaine Lasnier-Lachaise réduit la vitesse de son appareil, compte les parachutes, coupe les moteurs et saute à son tour.

Le B.26 effectue alors un demi tour à droite en direction de la côte et explose une vingtaine de secondes plus tard. Une aile se détache. Le reste de l'avion en flammes tombe dans la mer en dégageant une épaisse fumée noire. Il est 11 h 45.

Pour chacun des membres de l'équipage commence alors une épreuve de natation. Les gilets de sauvetage se révèlent heureusement à la hauteur de l'attente des aviateurs.

Le bombardier (Capitaine Baudoin) arrive à Saint-Mandrier, à quelques dizaines de mètres des batteries qu'il essayait de détruire. Il est accueilli par une patrouille allemande.

Le mitrailleur arrière (Sergent chef Reviller), qui ne savait pas nager trouve moyen d'atteindre le rivage en barbotant après cinq heures d'efforts...

Le mécanicien (Sergent-chef Piras) essaye de se dissimuler en atteignant la terre ferme mais il est rapidement découvert.

Le capitaine Lasnier-Lachaize, apercevant deux soldats sur une barque (dont l'un mâchait du chewing-gum) à l'endroit où s'est englouti son "maraudeur" les prend pour des Américains et les appelle. Cruelle déception, ce sont des Allemands venus récupérer quelques objets flottants et qui avaient trouvé les fameux chewing-gums dans les boites de ration.

Dans l'ensemble cependant l'accueil n'est pas trop désagréable.

Après avoir gravi en plein soleil la falaise du Cap Sicié avec ses "anges gardiens", le capitaine Lasnier-Lachaize est conduit dans une petite église transformée en P.C. anti-aérien.

Le soir même il rejoint cinq membres de l'équipage déjà réunis et qui se demandaient s'il avait eu le temps de sauter.

"Nous sommes heureux de nous revoir sains et saufs !"

Le premier repas allemand est assez vite consommé : Pain noir, crème de gruyère "Graff", confiture et breuvage ayant un vague goût de thé.

Puis c'est la nuit. Trois officiers dans une baraque, trois sous-officiers dans une autre avant peut être un éventuel départ pour un camp d e prisonniers en Allemagne.

Le lendemain matin (20 août) les attaques aériennes se poursuivent.

De nombreux P.47, par groupes de quatre attaquent Saint-Mandrier en piqué.

L'équipage français se tient pendant ce temps sur un banc d'où il observe un officier allemand donner nerveusement des ordres. Par contre il leur parle très correctement.

Après un repas consistant, servi à midi, les six Français rejoints par un aviateur américain "ramassé" lui aussi en mer sont embarqués dans un camion, sous escorte.

Ils traversent ainsi La Seyne et un partie de Toulon en ruines.

La ville est déserte. Une route en lacets les conduits au fort Saint-Antoine. Des civils en grand nombre se sont réfugiés dans la campagne.

Dès leur arrivée au fort, les aviateurs sont fouillés.

Pendant ce temps, des formations de B.26 américains attaquent le port. La Flak tire presque continuellement. En trois ou quatre minutes, trois B.26 sont descendus. Peu de parachutes sont observés... Des B.25 attaquent aussi.

L'engagement aérien fait rage sur Toulon.

Des prisonniers Américains (Aviateurs et fantassins) sont amenés au fort.



L'équipage du B.26 "Maraudeur" n°77 de le 2° escadrille du Franche-Comté était composé de la manière suivante :

Capitaine LASNIER-LACHAIZE. Pilote et commandant de la deuxième escadrille.

Commandant LAGER. Copilote. Commandant en second du "Franche Comté". Désireux de s'entraîner, a remplacé le copilote habituel en mission en Afrique du Nord.

Capitaine BAUDOIN (bombardier).

Sergent-chef DHYSER (Radio).

Sergent-chef REVILLER (Mitrailleur).

Sergent-chef PIRAS ( mécanicien au sol, remplaçant le mécanicien habituel malade).

Lieutenant-Colonel BOUVARD (passager). Commandant de la 4° escadre. Il avait été soigneusement mis à l'écart du reste de l'équipe dès sa sortie de l'eau!... Pour l'anecdote, il s'agit du papa de Philippe Bouvard !!! Comme quoi même le monde est petit !



A la suite de ces précieux renseignements nous pûmes tirer quelques conclusions hâtives :

1°) Si les récits des pêcheurs de Saint-Elme est exact, il devrait y avoir au minimum deux avions aux alentours du cap Sicié.

Le B.17 abattu le 19 avril 1944, avec son équipage américain.

Le B.26 abîmé en mer le 19 août 1944.

2°) Le B.26 est équipé de deux moteurs Pratt &Whitney R.2800-43 double wasp à 18 cylindres en étoile, avec des hélices à quatre pales alors que le B.17 possède quatre moteurs Wright R.1820-97 Cyclone à neuf cylindres en étoile et des hélices à seulement trois pales. Il reste donc à compter le nombre de cylindres, chose à laquelle nous n'avions même pas songé, obnubilés par les langoustes, homards et autres violets au demeurant plus attirants.
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psl

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MessageSujet: Bonsoir!    Mar 26 Mar 2013 - 14:39

Bonsoir! belles et serieuses recherches !!je me permet de m'immicer, dans votre post sur les elements

numerotés, il y a des N° de lots, de references ,et, de Series un peu partout sur les éléments constitutifs, des

appareils ,et, ne pas oublier tailles de Pneumatiques, marques des gommes, references types, et ,des supports

de trains, referencés sur des listing de l'ordnance of USAAF, il n'y a pas que des plaques signalitiques ,a fonds

noirs, il y a des N° frappés a meme les pieces, sur le Fer, l'aluminium des types de pieces, pour le remplacement

referencements, en, ateliers choses que des plongeurs pourraient relever , et ,révéler a la brosse et lampe .. sur un

site d'identification ,nous etions arrivé a remonter, un Messerschmitt 109 d'un type, dont je n'ai plus en tete scratch

la lettre ..grace a une roue jockey, de queue, ses marquages de train typiques, jantes aluminium ,et, son pneu special

de tailles ,Marque ,et ,de formes Bonne Soirée! Guy & Fils
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philmil

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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Mer 27 Mar 2013 - 1:11

Bonjour,

Récit tres interessant et instructif! Merci

Si je résume,dans le secteur,vous avez un B17,le 19 avril 44
un B26 français le 19 août.

Je dois donc rajouter ,le B26 du 17th bomb group et 37th bomb squadron de Villacidro en Sardaigne,abattu le 20 aout 44 a 14h 23.
n° serie moteurs : FP 060790 et FP 060702
4 Missing in action
3 survivants

Un vrai musée sous marin a saint mandrier!!

SLT

Philmil
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MessageSujet: Bombardier US B26 abattu 20 août 1944   Mer 27 Mar 2013 - 7:55

Et si le B26 trouvé par Bornheim au fond des eaux n'était pas celui du groupe "Franche Comté" ?
En effet le même jour un autre B-26, serial 42-107797, du 439th Bs, 319th BG, alors qu'il est en approche de son objectif, des positions d'artillerie de la zone de Toulon, reçoit un coup direct de Flak au niveau de la soute à bombes dont les trappes sont ouvertes; L'appareil se désintègre en vol et les débris s'abiment au large de Saint-Mandrier; aucun survivant (MACR 8007).
Par ailleurs, pour le 19 avril 1944 aucune perte n'est enregistrée car il n'y a pas eu de bombardement de la zone de Toulon. Par contre, le 29 avril, des B-24 des 450th et 499th BG participent au bombardement du port : 3 sont abattus par la Flak: 2 tombent en mer (MACR 4655 et 4614) et le 3e fait un atterrissage foecé au nord de Toulon (MACR 4837).
C'est vrai qu'il n'est pas facile de s'y retrouver.
Michel
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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Mer 27 Mar 2013 - 16:41

bonsoir

je suis cette conversation fort intéressante ,je me permets seulement de remarquer que les hélices ne sont pas tordues et donc qu' elles ne tournaient pas quand elles ont touchées la surface de l'eau.

"Le capitaine Lasnier-Lachaise réduit la vitesse de son appareil, compte les parachutes, coupe les moteurs et saute à son tour."
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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Jeu 28 Mar 2013 - 0:49

Bonjour,


Effectivement,pas d’hélices tordues,donc pas d’amerrissage, hélices tournantes.(désintégration en vol ?)

Il faudrait rassembler les informations de tous ces avions,avec leurs n° et MACR pour faire un point.

Pour répondre a P38-13::( que je remercie) faire un listing de n° de série,avion ou moteurs,pourrait emmener a l'identification finale et historique précis des épaves de Saint Mandrier,lors d'une prochaine plongée.




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Philmil
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bornheim



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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Jeu 28 Mar 2013 - 13:52

Bonsoir

Ces épaves sont assez profondes. Le temps passé au fond est très réduit sinon les paliers sont longs et en cas de pépin c'est direction le caisson hyperbare à l'hôpital Ste Anne !!!
Il faudrait voir avec des plongeurs " tech " qui plongent aux mélanges et peuvent rester plus longtemps.

De plus, dans l'anse de Saint Asile, à Pin Rolland (Saint Mandier toujours) vous pouvez plonger sur le moteur d'un FW 190 avec masque et tuba.
Le chasseur avait été abattu à la pointe sud de St Mandrier (Marégau ?) et les débris sortaient du sable après les coups de vent. Malheureusement le moteur a été amené près de la plage, les mitrailleuses et instruments ont été " pillés " à cette occasion.
Pas plus d'infos sur cet avion. Il n'est répertorié nulle part (à ma connaissance).

Bonne soirée
Loïc
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Capu Rossu
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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Jeu 28 Mar 2013 - 14:47

Bonsoir,

Bornheim a écrit :

Citation :
Il faudrait voir avec des plongeurs " tech " qui plongent aux mélanges et peuvent rester plus longtemps.

Une seule solution, prendre le bigophone et demandez à la Jonche et à Anne s'ils s'emmerdent. S'ils te répondent "oui", tu leur dit : "rappliquez sur Saint Mandrier, j'ai de quoi vous occuper !"

@+
Alain
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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Lun 18 Aoû 2014 - 3:30

Bonjour à Tous,

Merci à vous pour ce post.

Je suis à la recherche d'information sur ce B26.
Mon grand-père était à bord. Il s'agissait du Sergent Chef - Mitrailleur de queue.
Il ne s'appelait pas REVILLER mais REUILLER. Hubert REUILLER
IL a passé 5H à l'eau .. et n'a jamais appris à nager

Savez vous où je pourrais d'autre information concernant cette histoire, et notament le rapport .

Lors de ses récits il m'a fait part qu'il était 7 à Bord, alors que l'équipage normal était de 6. Un observateur avait embarqué.
Il avait d'ailleurs demander à ne décoller que si il y avait le bon compte de parachute à Bord.

Merci d'avance de vos informations.

Cordialement

Guillaume Soudée
Petit Fils de Hubert REUILLER
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jeepford56



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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   Mar 21 Juil 2015 - 1:40

"Lieutenant-Colonel BOUVARD (passager). Commandant de la 4° escadre. Il avait été soigneusement mis à l'écart du reste de l'équipe dès sa sortie de l'eau!... Pour l'anecdote, il s'agit du papa de Philippe Bouvard !!! Comme quoi même le monde est petit !"


bonjour tout le monde;
petit fils du COLONEL BOUVARD, le récit est fort intéressant.
cependant, malgré que l'un de mes oncles  s'appelle Philippe, ce n'est pas du tout l'animateur.
voici une photo de mon père (loic bouvard, décoré de la croix de guerre à 15 ans pour des faits de résistance dans le maquis de St MARCEL) et son père, le colonel BOUVARD

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MessageSujet: Re: Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944   

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Bombardiers abattus vers Toulon d'avril à août 1944
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